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Full text of "Cours elementaire de botanique et flore du Canada a l'usage des maisons d'education"

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BOTANIQUE 

ET 

FLORE DU CANADA 

À L'USAGE DES MAISONS D'ÉDUCATION 



L'ABBÉ .T. MOYEN, S.S. 

Professeur de Sciences Naturelles au Collège de Montréal. 






MONTRÉAL 

GEO. E. DESBARATS, IMPRIMEUR-EDITEUR 

1, PUco-cTArmes, et 319, Rue St. Antuine. 

1871 







The EDITH and LORNE PIERCE 
COLLECTION o/CANADIANA 




Queens University at Kingston 



COURS ÉLÉMENTAIRE 

BOTANIQUE 

ST 

FLORE DU CANADA 

À L'USAGE DES MAISONS D'ÉDUCATION 



L'ABBÉ J. MOYEN, S.S. 

Professeur de Sciences Naturelles au Collège de Montréal. 



MONTRÉAL 



GEO. E. DESBAEATS, IMPRIMEUR-EDITEUR 

1, Place-d'Armes, et 319, Rue St. Antoine. 

1871 






Enre«istré conformément à Pacte du Parlement du Canada, en l'année mil huit 
cent soixante-onze, par George E. Desbarats, au bureau du Ministre de 
l'Agriculture. 



HOMMAGE 



MARIE 



SICUT LILIUM INTER SPINAS, SIC AMICA MEA INTER FILIAS. 

(GANT. II, 2.) 

Tel un Lis au milieu des épines, ainsi ma bien-aimèe au milieu 
des tilles de Sion. 



A MES ÉLÈVES. 



Vous trouverez, en substance, dans ces éléments de Botanique, les leçons 
qui sont enseignées au Collège de Montréal depuis un grand nombre 
d'années. 

C'est pour vous qu'ils ont été composés, c'est à vous que je les dédie. 

J'ai utilisé, pour leur rédaction, les livres que j'avais entre les mains avec 
d'autant plus de liberté qu'il n'entrait nullement dans mes intentions 
de les publier. C'est sur la demande de plusieurs d'entre vous que je me 
suis décidé à les livrer à l'impression. Les passages empruntés ne for- 
ment toutefois qu'une fraction très-peu importante du traité ; j'ai eu soin 
d'indiquer les principaux, en référant aux auteurs qui me les ont fournis. 

Mon but constant, en poursuivant ce travail, a été de vous offrir un cours 
de Botanique qui renfermât tous les éléments d'une instruction solide, sous 
une forme claire, précise et méthodique. L'ardeur avec laquelle ce cours 
a été suivi, les succès obtenus, ont été un ample dédommagement pour les 
fatigues que j'ai dû m'imposer. 

Les figures qui accompagnent le texte, au nombre de 178, ont été choisies 
dans les ouvrages les plus estimés, et reproduites au moyen de procédés 
particuliers, en usage dans les ateliers de M. G-. E. Desbarats; ces figures, et 
la légende qui en donne l'explication, forment à elles seules comme un 
traité dont pourraient se contenter les personnes qui ne veulent pas faire 
une étude approfondie de la Botanique; elles seront aussi d'un grand 
secours pour aider à repasser les matières à l'approche d'un examen. 

La Flore du Canada, qui fait suite aux éléments de Botanique, est la partie 
la plus importante de cette publication. Pour peu qu'on ait d'expérience 
dans l'enseignement, on ne saurait douter qu'il ne soit nécessaire d'exer- 
cer l'élève à décrire les végétaux, à chercher, par voie d'analyse, le nom de 
ceux qu'il ne connaît point: c'est le seul moyen de bien lui faire compren- 
dre les principes de la science, de graver dans son esprit la terminologie 
botanique, de le familiariser avec les formes si variées que revêtent les 
plantes, enfin, de lui donner une connaissance pratique du règne végétal. 

Mais pour analyser les végétaux une Flore est indispensable. J'ai regretté 
bien des fois que celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour soient, les unes 

insuffisantes, les autres d'un prix trop élevé pour le plus grand nombre 

1 



b A MES ELEVES. 

des étudiants. Celle que je vous mets entre les mains est une Flore com- 
plète quant à rénumération des plantes, mais abrégée dans certaines des- 
criptions. Vous y trouverez les caractères des familles et de la plupart des 
genres. Quant aux espèces, je n'ai fait que signaler quelques uns de leurs 
caractères les plus saillants. 

Les clefs analytiques ont été l'objet d'une attention toute spéciale ; je 
me suis efforcé de les simplifier autant que possible, pour les rendre d"un 
usage facile aux commençants. 

Les Flores de Le Maout et Decaisne. d'Asa Gray, de Torrey et Gray sont 
les modèles que j'ai suivis de préférence, en les abrégeant, dans la descrip- 
tion des familles et des genres ; pour les détails particuliers aux espèces 
qui croissent en Canada, j'ai tâché de mettre à profit les connaissances 
qu'ont pu me donner de nombreuses herborisations faites dans l'île 
de Montréal, dans les Cantons de l'Est, dans le nord des Laurentides, dans 
les environs du lac Simcoe, sur les rives du St. Laurent depuis Niagara 
jusqu'au fond du Saguenay (1), sur les rives de 1* Ottawa depuis le lac des 
Deux-Montagnes jusqu'à Fort- Williams, sur celles de la rivière St. François 
dans la Beauce, etc., etc. Pour les plantes que je n'ai point trouvées moi- 
même, je m'en suis rapporté aux renseignements donnés dans divers ou- 
vrages qui ont été publiés en Canada durant les dix dernières années. 

(1) J'ai reçu aussi de nombreux échantillons des côtes du Labrador que M. Lèche 
vallier, naturaliste, a eu l'obligeance de récolter pour moi. Parmi ces plantes je men- 
tionnerai le LiguHtlcum actsdfolium que quelques auteurs pensaient étranger au Canada, 
contrairement à l'assertion de Michaux. 



COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 



NOTIONS PKÉLIMINAIRES. 



1. Définition de la Botanique, son utilité. — La Botanique est la partie 

de l'histoire naturelle qui traite des plantes ou végétaux. 

Les plantes sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'insister lon- 
guement sur leur définition. Linné a tracé avec clarté et précision, dans 
sa Philosophie botanique, la différence qui les sépare du règne minéral et 
du règne animal : " Les pierres, dit-il ? croissent ; les végétaux croissent et 
vivent; les animaux croissent, vivent et sentent." Les plantes sont donc 
dépourvues de la faculté de sentir qui caractérise les animaux ; mais, comme 
ces derniers, elles se nourrissent, elles se reproduisent : ce sont, en un mot, 
des êtres vivants. 

Tout le monde aime les plantes : l'élégance de leurs formes, la variété et 
l'éclat de leurs couleurs, la suavité de leurs parfums parlent aux cœurs les 
plus froids comme aux esprits les moins cultivés. Ce n'est toutefois qu'a- 
près une observation attentive des organes qui les composent, après une 
étude approfondie de leurs fonctions vitales, après avoir comparé leurs 
nombreuses espèces, que l'on commence à comprendre les merveilles de la 
végétation. L'âme se sent alors en face d'harmonies sublimes qui la jettent 
dans le ravissement et la forcent à s'incliner devant la puissance, la sagesse 
et la bonté du Dieu créateur. "J'ai aperçu le Tout-Puissant, s'écriait 
l'immortel Linné après une vie consacrée toute entière à l'étude des plantes, 
je n'ai fait que l'entrevoir et je me suis incliné sur son passage pour 
l'adorer." 

La Botanique possède, au point de vue des intérêts matériels, une incon- 
testable utilité, car c'est elle qui nous apprend à connaître les plantes et 
nous en découvre les propriétés. 

A toutes les époques on a su faire servir les végétaux à des usages variés : 
on leur a demandé des aliments, des habits, des meubles, des remèdes 
contre la maladie ; mais il était réservé aux savants modernes d'élargir le 
cercle de ces applications. Le nombre des espèces connues, qui était à peine 
de 20,000, au commencement de ce siècle, a été porté depuis au-delà de 
120,000 et celui des substances utiles s'est accru en proportion. 

2. Division. — Ce traité élémentaire est divisé en trois parties: lo Vor- 
ganographie ou description des parties constituantes de la plante ; 2o la 
physiologie ou étude de la vie dans les plantes ; 3o la taxonomie ou classi- 
fication méthodique des plantes. 



ORGANOGRAPHIE. 



CHAPITRE I. 
OKGANES ÉLÉMENTAIEES. 

3. Toutes les plantes ont leur structure formée d'une même matière, U 
cellulose. Cette matière s'organise en cellules, en fibres et en vaisseaux, et 
de l'union de ces éléments, de leurs groupements divers, résultent les 
organes plus complexes dont l'ensemble constitue le végétal. 

4. Cellules. Tissu cellulaire. — La cellule, appelée aussi utricule, est un 
petit sac membraneux (fig. 1), complètement fermé et rempli ordinaire- 
ment de substances solides ou liquides que nous étudierons dans la seconde 
partie du traité. 

Les cellules se soudent les unes aux autres pour former une masse plus 
ou moins compacte (fig. 2) qu'on nomme tissu cellulahe, et dont le propre est 
de se laisser déchirer en tous sens avec une égale facilité. C'est dans les 
fruits charnus, dans les jeunes pousses et dans la moelle des tiges qu'on le 
trouve avec plus d'abondance. 

Pour l'observer, il suffit de couper en travers l'une de ces parties, de la 
réduire en lame mince et transparente, et de l'examiner au microscope. 
Si l'on voulait isoler les cellules, il faudrait les maintenir durant quelques 
minutes dans de l'eau bouillante additionnée d'une faible quantité d'acide 
azotique. 

5. Multiplication des cellules. — Le tissu cellulaire n'est à son origine 
qu'un liquide gommeux où se montrent des points opaques que plusieurs 
botanistes considèrent comme le noyau d'autant de cellules. On remarque 
effectivement dans celles-ci, du moins quand elles sent de formation récente, 
un amas granulaire qui adhère à la base de leur paroi et qui porte le nom 
de nucleus. Le nucleus se divise fréquemment en plusieurs autres autour 
desquels s'organisent des membranes distinctes. Ce travail accompli, la 
cellule-mère disparaît et se trouve remplacée par un groupe de cellules 
nouvelles. D'autres fois la multiplication a lieu par la formation dans 
l'intérieur des cellules, déjà parvenues à leur entier développement, d'une 
double cloison qui les sépare en deux utricules plus petits. 

Cette multiplication des cellules, qui semblerait exiger un temps consi- 
dérable, s'opère, dans certains végétaux, avec une rapidité prodigieuse. 
Ainsi, il existe une espèce de Champignon géant, du genre Lycopei'don, qui, 
dans une seule nuit, acquiert la grosseur d'une gourde de grandes dimen- 
sions ; or, un dévelpppement si prompt suppose, d'après les calculs les 
plus modérés, la formation de plusieurs centaines de millions de cellules par 
heure ! 

6. Modification des cellules. — Les cellules varient beaucoup par leurs 
.figures, leurs dimensions et leur constitution intérieure. 



ORGANOGRAPfflB. 9 

Elles se montrent constamment globuleuses ou ovoïdes (fig. 1), tant que 
nul obstacle ne gêne leur développement ; mais, par suite de leur crois- 
sance, elles subissent des pressions qui les rendent polyédriques (fig. 2), ou 
peuvent même, si elles ne s'exercent pas de tout côté avec Une égale force, 
leur faire prendre une forme très-irrégulière (fig. 3). 

Il existe ordinairement, entre les cellules, des vides qui portent le nom de 
méats intercellulaires lorsqu'ils sont microscopiques (fig. 3), et celui de lacunes 
quand ils sont plus considérables (fig. 2). 

La plupart des cellules ont un diamètre qui varie entre ^ et V } 0Q de 
pouce, quantité beaucoup trop petite pour être appréciable à l'œil nu. 
Leurs dimensions changent, du reste, non-seulement d'un végétal à l'autre, 
mais aussi dans les différents organes de la même plante. 

L'enveloppe cellulaire subit, avec le temps, des modifications impor- 
tantes : d'abord mince, transparente et unie, elle acquiert de la consistance, 
devient opaque et présente à sa surface des ponctuations, des lignes ou des 
bandelettes tantôt éparses, tantôt distribuées symétriquement (fig. 4, 5, 6). 

Ces changements sont dus à des membranes qui se forment sur la paroi 
interne de la cellule. Si les nouvelles membranes tapissaient la cavité 
entière de la cellule, celle-ci conserverait une surface unie ; mais, assez 
ordinairement, le dépôt organique n'a lieu que sur quelques points ou dans 
certaines directions (fig. 7, 8), et les régions qui ont conservé leur ténuité, 
transmettant mieux la lumière que les autres, apparaissent comme des 
pores ou des fentes. 

D'autres changements encore plus notables se produisent dans l'enve- 
loppe cellulaire par voie d'incrustation : ses pores sont obstrués, à la longue, 
par des matières solides qui s'y fixent et lui font acquérir, dans quelques 
cas, une dureté supérieure à celle du bois. Le noyau de la Cerise et les 
substances pierreuses que renferment quelques fruits, ne sont que du tissu 
cellulaire ainsi modifié. 

7. Fibres. Tissu fibreux. — Les fibres sont des filaments creux dont les 
extrémités se terminent en pointe. Elles présentent toutes les modifica- 
tions des cellules, dont elles ne diffèrent que par un plus grand allonge- 
ment, des parois plus épaisses et un diamètre intérieur très-réduit. 

Les fibres constituent, par leur réunion, le tissu fibreux (fig. 9) auquel les 
plantes doivent principalement leur solidité. On trouve ce tissu dans le 
bois, dans la partie interne de l'écorce et dans les nervures des feuilles. 
Dans nos arbres, les fibres sont groupées parallèlement entre elles, et c'est 
ce qui rend le bois plus facile à fendre en long qu'en travers : dans le sens 
longitudinal, on ne fait que désunir les fibres, tandis que transversalement 
on est obligé de les rompre. 

8- Vaisseaux. Tissu vasculaire. — Les vaisseaux (fig. 10-14) sont de longs 
tubes destinés, conjointement avec les fibres, au transport de la sève dans 
les différentes parties du végétal. On donne le nom de vasculaire (du latin 
vasculum, vase) au tissu dont ils font partie. 

Il existe trois sortes de vaisseaux : les vaisseaux ordinaires, les trachées et 
le« vaisseaux laticifères. 

Vus au microscope, les vaisseaux de la première espèce offrent, de dis- 
tance en distance, des étranglements plus ou moins prononcés qui les 
divisent en articles superposés. Cette structure et d'autres considérations 



10 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

les font regarder comme formés de cellules mises bout à bout et percées au 
point de contact. 

On remarque toujours, à la surface des vaisseaux ordinaires, les points et 
les lignes que nous avons signalés dans les cellules. Ces apparences ont 
servi à les diviser en vaisseaux ponctués (fig. 10), en vaisseaux rayés (fig. 
11), en vaisseaux scalariformes ou en forme d'échelle (fig. 12), et en vais- 
seaux spiraux. Ces derniers ressemblent aux trachées, mais ne sont pas 
déroulables comme elles. 

Les trachées (fig. 13) possèdent une structure des plus singulières: ces 
vaisseaux sont formés de fibres extrêmement longues et déliées, et roulées 
en spirale comme les fils de laiton dans les élastiques de bretelles. Les 
spires sont maintenues en place par une membrane si délicate, qu'on éprouve 
de la difficulté à l'apercevoir, même à l'aide d'un fort grossissement. 

Les trachées s'observent autour de la moelle des tiges et dans les ner- 
vures des feuilles. On parvient à les dérouler et à les voir à l'œil nu, en 
rompant une jeune pousse et en éloignant avec précaution les deux bords 
de la rupture. 

Les vaisseaux laticifères, qu'on nomme aussi vaisseaux propres, diffèrent 
des précédents tant par leur structure que par leur contenu. Ils se montrent 
dansl'écorce sous forme de cylindres à surface unie, communiquant entre eux 
par des branches transversales, de manière à dessiner une espèce de réseau 
(fig. 14). Le liquide qu'ils renferment porte le nom de latex ou celui de 
suc propre, parce que sa nature diffère dans chaque espèce végétale. Ce 
liquide est souvent coloré, comme dans la Sanguinaire du Canada, et possède 
un mouvement particulier. Jusqu'ici les vaisseaux laticifères n'ont été 
observés que sur un petit nombre de plantes. 

Nous voyons, en résumé, que les vaisseaux, ceux du moins qui forment 
les deux premières divisions, peuvent être considérés comme une réunion 
de fibres ou de cellules disposées en série linéaire, soudées par leurs extré- 
mités et percées au point de contact. Les fibres ne sont, à leur tour, que 
des cellules minces et allongées. Il n'y a donc en réalité qu'un seul organe 
élémentaire, la cellule, qui est la base de toute l'organisation végétale. 
Cependant, pour nous conformer au langage reçu, nous donnerons toujours 
aux fibres et aux vaisseaux le nom d'organes élémentaires. 

9. Plantes cellulaires et vasculaires. — Les plantes sont dites cellulaires 
ou vasculaires, selon qu'elles se composent exclusivement de cellules, ou 
qu'elles renferment en outre des fibres et des vaisseaux. Cette distinc- 
tion n'a toutefois rien d'absolu, car toutes les plantes possèdent, au moment 
de leur apparition, une structure entièrement cellulaire. Ce n'est que plus 
tard qu'on voit, chez le plus grand nombre, certains utricules s'allonger en 
fibres, et plus tard encore que s'organisent les vaisseaux. 



CHAPITRE II. 

APERÇU GÉNÉRAL SUR LES ORGANES COMPOSÉS. 

10. Avant d'étudier en détail les organes composés, il importe d'en avoir 
une vue d'ensemble, et la manière la plus simple de l'acquérir est de suivre 



OKGANOGRAPfflE. 11 

une plante depuis le commencement de sa germination jusqu'au jour où, 
parvenue à l'état parfait, elle produit des semences propres à perpétuer 
son espèce. 

Le Haricot, par sa croissance rapide et le rang élevé qu'il occupe parmi 
les végétaux, se prête très-bien à ce genre d'observations. 

Lorsqu'on place une graine de Haricot à une faible profondeur dans une 
terre humide et maintenue à la température de 15° ou 20^ elle ne tarde 
pas à se gonfler sous la triple influence de l'air, de la chaleur et de l'humi- 
dité, et à se déchirer pour livrer passage au germe qu'elle contient (fig. 
15, 16). 

Ce germe ou plante embryonnaire présente déjà deux parties bien dis- 
tinctes: l'une, de couleur jaunâtre, s'enfonce dans le sol, c'est la racine; 
1 autre, colorée en vert, se dirige vers le ciel, c'est la tige. 

Entre la racine et la partie supérieure de la tige se montrent (fig. 17) 
deux feuilles très-épaisses, convexes à l'extérieur et concaves à l'intérieur, 
qui ont reçu, à raison de leur forme, le nom de cotylédons, et qui sont des- 
tinées à nourrir le jeune Haricot jusqu'à ce qu'il soit en état de puiser ses 
aliments dans la terre. Cette fonction remplie, les cotylédons se dessèchent 
et meurent. En même temps on voit, à l'extrémité de la tige, se dévelop- 
per un bourgeon d'où sortent les feuilles proprement dites, de couleur verte 
et de forme lamellaire. 

Cependant, la plante continue à croître : tandis que la racine multiplie 
dans la terre ses divisions, la tige se couvre de rameaux et ceux-ci de nou- 
velles feuilles. Ces phénomènes ne prennent fin qu'au moment où la force 
vitale commence à s'épuiser. Les sucs nourriciers s'accumulent alors de 
préférence sur quelques points particuliers de la tige, pour donner naissance 
à un ensemble d'organes qui ont reçu le nom de fleur. La durée de la 
fleur est éphémère, mais elle ne se flétrit qu'après avoir produit un ou plu- 
sieurs fruits qui, semés en lieu convenable, perpétueront l'espèce végétale à 
laquelle ils appartiennent. 

Après cette série d'actes vitaux, le Haricot meurt et se décompose. H 
n'en est pas ainsi de toutes les plantes. Le Pommier, par exemple, fleurit 
et fructifie un grand nombre de fois avant de mourir ; mais, à cette diffé- 
rence près, ce sont les mêmes phénomènes qui se succèdent, les mêmes 
organes qui se produisent. 

11. Organes de nutrition et de reproduction. — La racine, la tige et les 
feuilles ont reçu le nom à? organes de nutrition parce que de leur action dé- 
pend entièrement la vie du végétal. La fleur et le fruit, n'ayant d'autre 
fonction que de perpétuer l'espèce, sont appelés organes de reproduction. 

12, Division du règne végétal. — Nous venons de voir que le Haricot pos- 
sède deux cotylédons ; nos arbres et plusieurs autres plantes en ont aussi 
deux ou plusieurs, mais on n'en trouve qu'un seul dans les Palmiers, le Lis, 
le Blé et en général dans les Graminées; quant aux végétaux inférieurs, 
comme les Champignons, les Mousses et les Fougères, ils ne fleurissent 
jamais, ne produisent point de graines, et leur semence, qui se réduit à une 
poussière ténue, ne renferme ni embryon, ni cotylédons par conséquent. 

On a pris de là occasion de diviser les végétaux en trois grandes classes : 
les dicotylédones ou à deux cotylédons, les monocotylédones ou à un seul coty- 
lédon, et les acotylédones ou sans cotylédons. 

Souvent on réunit, sous la dénomination de plantes phanérogames, les 



12 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

dicotylédones et les monocotylédones, qui toutes portent des fleurs et dont 
les organes de reproduction sont très-visibles. Pour la raison contraire, les 
acotylédones sont appelées cryptogames. 



CHAPITEE III. 
LA KACINE. 

13. La racine occupe la partie inférieure du végétal et croît en sens con- 
traire de la tige. Elle pénètre dans la terre où elle remplit une double 
fonction en servant à fixer le végétal et à le nourrir. Quelquefois, cepen- 
dant, la racine flotte librement dans l'eau (Lentille d'eau), ou bien s'implante 
dans les fissures des rochers, dans les murs ou l'écorce des arbres. Plusieurs 
plantes, cryptogames pour la plupart, sont privées de' cet organe. 

14. Parties de la racine. — On distingue trois parties dans la racine : lo 
le collet ou nœud vital : c'est la base de la racine, c'est-à-dire le plan par 
lequel elle s'unit à la tige ; 2o le corps ou partie moyenne ; 3o le chevelu ou 
l'ensemble des radicelles qui terminent la racine principale et ses ramifica- 
tions (fig. 18). 

Les extrémités des radicelles, formées d'un tissu délicat et sans cesse 
renouvelé, portent le nom de spongioles, parce qu'on les a comparées à de 
petites éponges par lesquelles la plante absorbe les sucs nourriciers. Cette 
comparaison est peu exacte, car les spongioles ont une texture serrée qui 
ne ressemble nullement à celle des éponges ordinaires. 

15. Forme des racines. — Les racines se rapportent par leurs formes à 
deux types principaux : la racine pivotante, qui ne possède qu'un seul axe 
principal (fig. 18, 19), et la racine fasciculée, du collet de laquelle partent 
plusieurs axes à peu près de même importance (fig. 20). La première est 
surtout propre aux dicotylédones et la seconde aux monocotylédones. 

La racine est encore appelée traçante, lorsque ses ramifications s'étendent 
près de la surface du sol (Cerisier) 5 fibreuse, lorsque ses axes sont déliés 
(Blé) ; et tubéreuse, lorsqu'ils présentent des renflements charnus (Orchis, 
Dahlia). 

16. Racines adventives. — On a donné le nom d' adventives aux racines qui 
se produisent en dehors des circonstances ordinaires et sur des points du 
végétal qui n'étaient pas destinés à leur donner naissance. Telles sont les 
racines qui croissent sur une branche de Saule qu'on a entourée de terre 
humide. 

Quelquefois c'est sur la partie aérienne de la tige et à une distance con- 
sidérable du sol que se montrent les racines adventives. Le Figuier des 
pagodes (Ficus religiosa) nous offre un exemple remarquable de ce phéno- 
mène : des branches de cet arbre merveilleux descendent des racines qui 
flottent d'abord librement dans l'air, mais qui finissent par atteindre la 
terre, s'y fixent et prennent un développement assez considérable pour 
former des colonnes entre lesquelles les Hindous aiment à élever leurs 
pagodes. 



ORGANOGRAPHIE. 13 

Les plantes acotylédones ne possèdent que des racines adventives; c'est 
aussi parmi elles et chez les monocotylédones que se présentent le plus 
souvent les racines aériennes. 

17. Durée des- racines. — Kelativement à leur durée, les racines seront 
annuelles, bisannuelles, vivaces et ligneuses. 

Les racines annuelles sont celles qui appartiennent aux plantes qui naissent, 
fructifient et meurent dans l'espace d'une année (Blé). Les racines bisan- 
nuelles appartiennent aux plantes qui demandent deux ans pour leur déve- 
loppement complet: elles poussent des feuilles la première année; la 
seconde, elles meurent après avoir fleuri et fructifié (Carotte). Par racines 
vivaces on entend celles qui, durant un nombre indéterminé d'années, 
poussent des tiges qui se développent et meurent tous les ans (Asperge). 
Enfin, les racines ligneuses diffèrent des précédentes par une persistance de 
la tige qu'elles supportent (Arbres). 

18. Structure et accroissement des racines. — La racine offre, par son 
mode d'accroissement et par sa structure intérieure, la plus grande analogie 
avec la tige. 

Le collet était considéré autrefois comme le point de départ de deux sys- 
tèmes vasculaires différents et croissant en sens opposé; c'est pourquoi il 
reçut le nom de nœud vital. 

Le nœud vital n'a aujourd'hui pour le botaniste aucune importance par- 
ticulière, car il est démontré que les fibres et vaisseaux de la racine, au lieu 
d'être distincts de ceux de la tige, n'en sont que le prolongement. Ces 
éléments n'ont cependant pas la même disposition dans les deux organes 
dont nous parlons. Chez les dicotylédones, la tige, comme nous le verrons 
plus loin, est formée extérieurement d'une écorce mince et facile à enlever, 
et son axe est occupé par la moelle, qu'entoure une couche de trachées 
appelée étui médullaire; dans la racine des mêmes végétaux, l'écorce ac- 
quiert une forte épaisseur et se confond plus ou moins avec les tissus sous- 
jacents ; quant à l'étui médullaire et à la moelle, ils disparaissent pour faire 
place à une colonne de fibres et de vaisseaux ordinaires. Ce n'est que dans 
le Noyer et quelques autres arbres qu'on voit la moelle franchir le collet et 
se distribuer dans les branches radicales. 

Il n'existe point de proportion entre la longueur de la racine et la gran- 
deur de la plante. La Luzerne, qui est une herbe peu élevée, pénètre à 
douze ou quinze pieds dans la terre, au lieu que le Pin et le Sapin, dont la 
tige est très-haute, n'ont que de petites racines. 



CHAPITEE IV. 

LA TIGE. 

19. La tige est la partie de la plante qui se dirige dans l'atmosphère et 
qui est intermédiaire entre la racine et les feuilles. Tous les végétaux vas- 
culaires possèdent une tige, mais chez quelques-uns elle est si courte que 



14 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

les feuilles semblent naître directement de la racine. On désigne impropre- 
ment ces végétaux sous le nom d'acaules, qui veut dire sans tige. 

La tige est rarement simple ; ordinairement elle devient rameuse, en don- 
nant naissance à des tiges secondaires, qui peuvent elles-mêmes se ramifier 
en tiges de troisième ordre, de quatrième ordre, etc. Dans le langage ordi- 
naire, on se sert des mots branche, rameau, ramuscule, ramille, pour désigner 
ces divisions et sous-divisions de la tige. 

20. Formes de la tige. — Les tiges présentent un grand nombre de formes 
souvent très-élégantes et qui ont fourni à l'architecture ses plus beaux 
modèles. Quelques-unes de ces formes ont reçu des noms particuliers : on 
dit le tronc d'un Chêne, le sarment de la Vigne, le chaume du Blé, le stipe du 
Palmier. Cette dernière espèce de tige a la forme d'une colonne cylin- 
drique couronnée par un bouquet de feuilles. 

21. Direction des tiges. — La plupart des tiges sont dressées, mais plusieurs 
ne peuvent s'élever qu'au moyen d'un support. Parmi ces dernières, les 
unes s'attachent au support par des filaments, des crampons ou des racines 
adventives, et sont nommées grimpantes (Vigne); d'autres s'enroulent 
autour de lui et portent le nom de volubiles. Il est remarquable que chaque 
tige volubile s'enroule constamment dans le même sens. Ainsi, les spires 
du Haricot et du Liseron des haies vont de gauche à droite, tandis que celles 
du Chèvre-feuille et du Houblon vont de droite à gauche. (1) 

Quelques tiges, impuissantes à s'élever par elles-mêmes ou à l'aide d'un 
appui, restent couchées sur terre. On les dit ascendantes lorsqu'elles se 
relèvent par leur extrémité (Catherine ttes) ; rampantes lorsqu'elles se fixent 
au sol au moyen de racines adventives (Raisins d'Ours) ; et traçantes oustolo- 
nifères lorsqu'elles émettent latéralement des jets, appelés coulants, stolons, 
qui s'enracinent de distance en distance (Fraisier, fig. 21). 

22. Rhizomes ou tiges souterraines. — Jusqu'ici nous avons supposé la 
tige entièrement plongée dans l'atmosphère; quelquefois, cependant, son 
axe principal se trouve caché sous terre et ne laisse apercevoir que ses 
rameaux ou axes secondaires (fig. 22). 

Ces tiges souterraines, appelées rhizomes, végètent par leur extrémité an- 
térieure pendant qu'il s'opère à l'extrémité opposée un travail de décom- 
position. Elles se déplacent donc chaque année d'une manière sensible, et 
ce curieux phénomène leur fit donner le nom de racines progressives, à 
une époque où l'on se méprenait sur leur nature. On ne doute plus 
aujourd'hui que les rhizomes ne soient de véritables tiges, car ils sont munis 
de bourgeons qui, par leur développement, produisent des feuilles et des 
fleurs, et c'est là un caractère qui ne saurait appartenir à une racine pro- 
prement dite. 

La Sanguinaire du Canada, le Sceau de Salomon, les Iris et, en général, 
les plantes vivaces possèdent des rhizomes. 

Le rhizome peut offrir deux modifications importantes. Quelquefois il est 
tuberculeux: c'est lorsqu'il se forme des amas de fécule sur quelques-uns de 

(1) Les plantes grimpantes et volubiles sont désignées, dans les colonies françaises de l'A- 
mérique et de l'Inde, sous le nom général de lianes, qui dérive du mot lien. 



0RGAN0GUAPHIE. 15 

ses points (Pomme-de-terre) ; d'autres fois il demeure très-court et se ramasse 
en une espèce de cône charnu et prend le nom de rhizome bulbeux. 

Les bulbes sont formées d'un plateau entouré d'écaillés tantôt soudées 
entre elles comme dans le Glaïeul commun (Bulbe solide, fig. 23), tantôt 
emboîtées les unes dans les autres comme dans l'Oignon (Bulbe tuniquée, 
fig. 24), tantôt enfin disposées comme les tuiles d'un toit (Bulbe écailleuse, 
fig. 25). Cette dernière disposition se voit dans le Lis. 

23. Consistance des tiges. — Les tiges, eu égard à leur consistance, se 
divisent en tiges ligneuses, tiges herbacées et tiges frutescentes. 

Les premières se distinguent par une dureté considérable et une persis- 
tance indéfinie ; les secondes, qui sont aqueuses, molles et fragiles, ne vivent 
qu'une année; enfin, les dernières ont une base ligneuse persistante et des 
rameaux qui se renouvellent chaque année.- 

Les végétaux à tige herbacée se nomment des herbes; ceux dont la tige 
est frutescente se nomment sous-arbrisseaux ; ceux dont la tige est ligneuse 
se nomment arbrisseaux ou arbres, selon qu'ils se ramifient près de terre ou 
seulement à une hauteur considérable. 

24. Structure de la tige chez les dicotylédones.— La tige possède une 
structure très-différente suivant qu'elle appartient à une plante dicotylé- 
done, monocotylédone ou acotylédone. 

Lorsqu'on examine une tige de dicotylédone, celle d'un Erable, par ex- 
emple (fig. 26), on voit qu'elle se compose de deux parties: le bois ou sys- 
tème ligneux, et Yécorce ou système cortical. 

Dans le système ligneux (fig. 27), on distingue lamoelle^l'étui médullaire, 
la couche ligneuse et les rayons médullaires. 

Le système cortical comprend à son tour quatre couches distinctes : le 
liber, l'enveloppe herbacée, l'enveloppe subéreuse et l'épiderme (fig. 27). 

Système ligneux. — La moelle est une colonne de tissu cellulaire allant 
d'une extrémité à l'autre de la tige dont elle occupe le centre. Peu déve- 
loppée dans les plantes ligneuses, elle prédomine dans les herbes sur les 
autres parties. Souvent elle se dessèche de bonne heure ou se détruit 
même complètement. La tige devient Jistuleuse par suite de la disparition 
de la moelle. 

On a donné le nom à. 1 étui médullaire à une mince couche de trachées qui 
constitue les parois de la cavité dans laquelle est logée la moelle. 

La couche ligneuse est une réunion de fibres et de vaisseaux qui entourent 
l'étui médullaire et dont la direction est sensiblement parallèle avec celle 
de la tige. 

Des lames de tissu cellulaire, allant de la moelle jusque dans l'écorce, 
séparent les éléments de la couche précédente en groupes plus ou moins 
nombreux. Ces lames sont appelées rayons médullaires, parce que, vues sur 
une coupe transversale de la tige, elles paraissent comme des bandes 
étroites ou de simples lignes tirées du centre à la circonférence (fig. 26). 

On aperçoit au commencement du printemps, entre le bois et l'écorce 
des tiges persistantes, une matière gélatineuse, appelée cambium, qui s'or- 



16 



COURS ELEMENTAIRE DE BOTANIQUE. 



ganise plus tard en deux couches distinctes, l'une de nature ligneuse, 
l'autre fibreuse. La première s'ajoute au système ligneux et la seconde au 
système cortical. 

Puisque le bois s'augmente ainsi tous les ans d'une couche nouvelle, le 
tronc et les branches des arbres doivent présenter autant de zones concen- 
triques qu'ils comptent d'années, et il devient par là facile de déterminer 
leur âge. Ces zones n'ont ni la même consistance ni la même couleur. 
Celles du centre, plus anciennes, sont devenues compactes et ont pris une 
teinte foncée : elles constituent le duramen ou cœur du bois. Celles de la 
circonférence, appelées aubier, sont relativement tendres et de couleur 
blanche. On les rejette habituellement dans les ouvrages en bois, non- 
seulement à cause de leur peu de solidité, mais encore parce que les parties 
molles qui entrent dans leur composition pourraient attirer les insectes. 
La différence entre l'aubier et le cœur du bois est, du reste, d'autant moins 
prononcée que la croissance de la tige est plus rapide. C'est à peine si elle 
est sensible dans le Tilleul et, en général, dans les arbres connus sous le 
nom de bois blancs. 

Système cortical. — Nous venons de voir que le bois s'accroît par sa cir- 
conférence et qu'il se compose d'une ou plusieurs zones fibro-vasculaires 
placées autour d'une colonne de tissu cellulaire généralement peu considé- 
rable ; ce sont les dispositions exactement inverses que nous offre l'écorce : 

L'intérieur est formé de fibres longues, flexibles et tenaces, susceptibles, 
dans plusieurs cas, d'être utilisées par l'industrie (Lin, Chanvre). Comme 
il se forme tous les ans, dans les tiges ligneuses, une ou plusieurs couches 
de ces fibres, celles-ci se trouvent superposées à la manière des feuillets 
d'un livre, et c'est à cette disposition qu'elles doivent le nom de liber. 

Autour du liber se montrent des rangées de cellules vertes, lâchement 
unies. Leur ensemble constitue V enveloppe herbacée, siège de la respiration 
et d'autres fonctions importantes. C'est là seulement que se montrent les 
vaisseaux laticifères. 

Jj enveloppe subéreuse, vulgairement appelée liège, est cellulaire comme la 
précédente, mais elle en diffère par une texture plus compacte, par sa cou- 
leur ordinairement brunâtre et par la régularité de ses cellules, qui offrent 
l'apparence des pierres d'un édifice. Cette partie de l'écorce est très- 
développée dans quelques arbres, notamment dans le Chêne-liège {Quercm 
suber), qui fournit tout le liège du commerce. 

La dernière enveloppe corticale se nomme épiderme, à cause de son ana- 
logie avec l' épiderme des animaux. C'est elle que l'on détache de la sur- 
face des jeunes pousses sous la forme d'une membrane incolore et transpa- 
rente. Lorsqu'on examine cette membrane au microscope, on découvre à 
sa surface des ouvertures en forme de petites bouches : ce sont les stomates 
(fîg. 30). Ces organes servent à mettre l'enveloppe herbacée en communi- 
cation avec l'atmosphère. On les voit se dilater quand le temps est humide 
et se contracter durant la sécheresse j ils ne se rencontrent que sur les 
parties aériennes des végétaux. 

L'épiderme est souvent muni d'appendices connus sous les noms de poils, 
d'aiguillons et de glandes. 



OKGANOfîKAPINK. 17 

Le* poils sont des expansions longues et menues, qui paraissent destinées 
à protéger la plante contre les insectes et la sécheresse. On appelle (/labre 
tout organe dépourvu de poils. 

Les aiguillons sont aussi des organes protecteurs. Ils résultent de poils 
agglomérés, durcis et intimement soudés entre eux. 

Les glander, sont des cavités cellulaires qui sécrètent des matières particu- 
lières. Elles sont logées dans l'épaisseur de l'épidémie ou bien font saillie 
à sa surface. Parfois elles prennent la forme de poils ordinaires, comme 
dans l'Ortie brûlante. 

Longtemps on a considéré l'épidémie comme une membrane simple, mais 
on sait maintenant qu'une macération prolongée la dédouble en deux pelli- 
cules, l'une intérieure formée de cellules juxta-posées : c'est V épidémie pro- 
prement dit auquel se rapportent tous les détails précédents; L'autre exté- 
rieure, unie, sans organisation apparente, et qui porte le nom de cuticule. 
La cuticule recouvre tout l' épidémie proprement dit ainsi que ses appen- 
dices ; on la trouve aussi sur la racine et sur les organes submergés des 
plantes aquatiques où l'épidémie proprement dit fait défaut. 

25. Structure de la tige chez les monoeotyiédones. — On ne remarque dans 
la tige des plantes monoeotyiédones ni étui médullaire, ni rayons médullaires, 
ni zones concentriques, ni système cortical distinct. 

Une coupe transversale de cette tige (fig. 28) offre l'apparence d'un cy- 
lindre de tissu cellulaire au milieu duquel sont épars des faisceaux fibro- 
vasculaires. La distribution de ces faisceaux n'est pas uniforme : très- 
serrés vers la circonférence, ils deviennent plus rares au centre ou en dis- 
paraissent même complètement. C'est ce que l'on remarque dans plusieurs 
Graminées, dans le Blé, en particulier, dont la tige devient ordinairement 
fistuleuse par suite de la destruction des cellules centrales. 

Lorsqu'on suit un faisceau, depuis son entrée dans une feuille jusqu'à 
l'extrémité inférieure du végétal, on voit que sa direction est loin d'être 
rectiligne et sa composition constante. Après avoir pénétré dans la tige, 
il s" infléchit vers le centre, décrit un arc et revient bientôt près de l'écorce 
le long de laquelle il descend ensuite. Sa nature varie en même temps 
que sa direction. Supérieurement, il est volumineux et renferme, associés 
avec des fibres ligneuses, tous les vaisseaux décrits au chapitre premier ; 
plus bas et dans le voisinage de l'écorce, il est réduit à quelques fibres 
minces et flexibles comme celles du liber chez les plantes dicotylédones. 

En tenant compte de ces faits, on s'explique sans peine pourquoi la tige 
des arbres monoeotyiédones, le stipe des Palmiers, par exemple, est si diffi- 
cile à fendre ; pourquoi son diamètre est le même à toutes les hauteurs et 
n'augmente presque point, quoique tous les ans il se forme de nombreux 
faisceaux entre le bois et l'écorce ; pourquoi on ne trouve de vaisseaux que 
dans la partie centrale ; pourquoi enfin le bois de ces tiges est plus fin, plus 
compacte et plus fort vers la circonférence qu'à l'intérieur. 

L'écorce des monoeotyiédones ne forme pas un système complexe 

comme chez les dicotylédones. Ce sont les cellules extérieures, durcies 

et recouvertes, au moins dans les premiers temps, par un épidémie 

extrêmement vivace, qui la constituent en entier. Cependant elle s'aug- 

2 



18 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

mente encore, chez les plantes ligneuses, de la base persistante des feuilles. 

26. Structure de la tige chez les acotylédones. — Parmi les plantes acotylé- 
dones, un grand nombre sont privées de tige, plusieurs en ont une pure- 
ment cellulaire et quelques-unes seulement, telles que les Lycopodes et les 
Fougères, possèdent une tige vasculaire. 

La figure 29 est la coupe transversale d'un stipe de Fougère arborescente. 
On voit que les faisceaux ligneux n'y sont point distribués par zones con- 
centriques ou disséminés sans ordre comme dans les classes précédentes : 
ils forment un cercle étroit, interrompu de distance en distance pour laisser 
la moelle communiquer avec le tissu cellulaire extérieur, et beaucoup plus 
rapproché de la circonférence que du centre. Ces faisceaux se composent 
à peu près exclusivement de libres et de vaisseaux annulaires ou scalari- 
f ormes. Les trachées y font défaut. 

L'écorce présente ici les mêmes particularités que chez les monocotylé- 
dones. 

27. Plantes exogènes, endogènes et acrogènes. — Les dicotylédones s'ac- 
croissant par des couches qui se déposent annuellement entre le bois et 
l'écorce ou, ce qui est la même chose, par la partie extérieure du corps 
ligneux, ont été nommées exogènes (du grec éxô, en dehors, et gennaô, en- 
gendrer). 

• 

Les monocotylédones ont été, au contraire, appelées endogènes (du grec 
endon, en dedans, et gennaô, engendrer), parce que les nouveaux faisceaux 
qui se forment chaque année paraissent provenir du milieu de la tige. 
Nous avons dit (no. 25) comment ces faisceaux, après s'être inclinés vers le 
centre, reviennent peu après vers la circonférence. Les monocotylédones 
ne sont donc pas purement endogènes, et ce n'est qu'improprement qu'on 
les désigne sous ce titre. 

Chez les acotylédones, la tige acquiert dès la première année toute la 
grosseur qu'elle doit avoir. Plus tard, elle ne s'accroît qu'en hauteur et 
cela par l'élongation des éléments ligneux qui s'étaient formés dans la pre- 
mière période de sa végétation. Ces plantes ont reçu, à raison de ce fait, 
le nom d' acrogènes (du grec acron, extrémité, et gennaô, engendrer),c : est-à-dire 
qui ne croissent que par leur sommet. 

28. Bourgeons. — Les bourgeons sont des petites masses ovoïdes qui ren- 
ferment, à l'état rudimentaire, un rameau avec ses expansions latérales, 
c'est-à-dire ses feuilles ou ses fleurs. Certains bourgeons contiennent à la 
fois des feuilles et des fleurs. 

C'est à l'aisselle des feuilles et à l'extrémité des anciens rameaux que 
naissent régulièrement les bourgeons. Mais il peut aussi s'en former d'atf- 
ventifs sur tout point du végétal où la sève surabonde. C'est ainsi que de 
la racine des arbres s'élèvent parfois des tiges surnuméraires, connues en 
culture sous le nom de drageons. 

Dans presque tous les arbres de nos climats, les bourgeons apparaissent 
au printemps, s'arrêtent bientôt dans leur développement, et ne s'allongent 



ORGANOGRAPHIE. 19 

qu'au printemps suivant. Ils sont admirablement protégés contre les froids 
de l'hiver par des écailles dures et épaisses (fig. 31), qui sont elles-mêmes 
souvent garnies à l'intérieur d'un épais duvet ou bien enduites de matières 
résineuses propres à conserver la chaleur. Ces écailles tombent à l'époque 
où le bourgeon se développe. 

Chez les plantes herbacées, en général, et chez un grand nombre d'arbres 
des contrées tropicales dont la végétation n'éprouve pour ainsi dire aucun 
repos, les bourgeons sont nus, c'est-à-dire dépourvus d'écaillés protectrices. 

Les jeunes pousses provenant du développement d'un bourgeon se 
nomment scions quand elles naissent sur une tige aérienne, et turions 
quand elles sortent de terre comme celles des Asperges. 

Quelques végétaux portent des bourgeons charnus qui forment comme 
la transition entre le bourgeon proprement dit et l'embryon, car ils 
peuvent avoir une végétation à part, se détacher de la mère-plante et pro- 
duire, après avoir été semés, un individu semblable à celui dont ils pro- 
viennent. Tels sont les bulbiles qui naissent à l'aisselle des feuilles du Lis 
bulbifère et les caïeux que produisent les rhizomes bulbeux (fig. 32, 23). 



CHAPITRE V. 
LES FEUILLES. 

29. Structure générale des feuilles. — On appelle feuilles des expansions 
latérales de la tige ordinairement de couleur verte et de forme lamellaire. 

Leur structure varie selon qu'elles vivent dans l'air ou dans l'eau. 

Les feuilles aériennes sont formées de fibres et de vaisseaux distribués 
dans l'épaisseur d'une couche cellulaire qui est elle-même enveloppée par 
l'épiderme. 

Les faisceaux fibro-vasculaires sont de même nature que ceux de la tige 
qui leur donne naissance. Ceux des plantes dicotylédones présentent à 
leur partie supérieure des trachées, sous les trachées des vaisseaux ordi- 
naires, et sous ces derniers des fibres déliées, puis des vaisseaux laticifères 
(fig. 34). C'est exactement l'ordre dans lequel se succèdent les éléments 
de la tige de dedans en dehors. Ce fait s'explique facilement si l'on con- 
sidère que les faisceaux ne peuvent passer de la tige dans la feuille qu'en 
s'infléchissant de manière que leur partie centrale soit en-dessus et leur 
partie extérieure en-dessous. 

La couche cellulaire qui entoure les faisceaux, et dont la fig. 35 représente 
une section transversale très-amplifiée, est analogue à la couche herbacée 
de l'écorce. Elle est beaucoup plus compacte et plus ferme sur la face su- 
périeure de la feuille que sur la face inférieure, où elle forme un tissu spon- 
gieux, criblé de lacunes. Les cellules sont remplies de granules auxquels 
la feuille doit sa couleur. C'est ordinairement une matière verte, la chlo- 
rophylle, qu'elles contiennent. 

L'épiderme des feuilles est remarquable par le grand nombre de ses sto 



20 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

matés (fig. 30). C'est sur la face inférieure qu'ils sont répandus avec le 
plus de profusion, et l'on attribue à leur présence la couleur terne de cette 
face : ils s'y élèvent au nombre de plus de 200,000 dans la feuille du Lilas. 

Les feuilles submergées manquent à la fois d'épiderme et de faisceaux 
fibro-vasculaires. Leur structure purement cellulaire fait qu'elles se des- 
sèchent très-vite et se crispent quand on les expose à l'air. On voit sou- 
vent dans leur masse des lacunes remplies de gaz et destinées, selon toute 
apparence, à les maintenir élevées en diminuant leur poids spécifique. 

30. Parties de la feuille.' — La feuille peut avoir trois parties : une gaîne 
ou des stipules, un pétiole et un limbe (fig. 36). 

Là gaine se voit dans les plantes monocotylédones, en général, et dans 
plusieurs dicotylédones herbacées. Elle est formée par une dilatation de 
faisceaux fibro-vasculaires qui enveloppent la tige au-dessus de leur point 
d'insertion; cette gaîne est tantôt entière comme chez les Cypéracées, tan 
tôt fendue en long comme chez les Graminées. Les feuilles qui en sont 
munies se nomment engainantes. 

Au lieu d'une gaîne on aura des stipules si les faisceaux, au sortir de l'axe, 
se séparent en trois groupes dont l'un produit la feuille proprement dite et 
Les deux autres forment latéralement deux appendices foliacés, épineux, 
filiformes ou écailleux qui tantôt restent indépendants, tantôt se soudent 
soit entre eux, soit avec la tige, soit enfin avec le pétiole de la feuille 
(fig. 37, 38). 

La feuille est dite stipulée quand elle est accompagnée de stipules, et ex- 
iipulée quand ces organes font défaut. 

Les stipules ne se rencontrent proprement que sur les végétaux dicoty- 
lédones ; cependant lès 1 Graminées, qui sont monocotylédones, portent à 
l'extrémité de leur gaîne un prolongement appelé ligule,que plusieurs bota- 
nistes considèrent comme analogue aux stipules (fig. 39). 

'Lq pétiofc est le pied ou ce que l'on nomme vulgairement la queue de la 
feuille. Il se rattache le plus ordinairement à la tige par une articulation 
en forme de bourrelet (fig. 34): c'est le résultat d'une déviation et d'un 
raccouivi^ruiont des éléments ligneux de la feuille au point où ils se sé- 
parent de l'axe. 

Le pétiole est tantôt canaliculé, c'est-à-dire creusé en gouttière, et tantôt 
cylindrique. Dans quelques arbres, le Tremble, par exemple, il est aplati 
dans le sois vertical, ce qui donne beaucoup de prise au vent et tient les 
feuilles dans une agitation continuelle. 

Les faisceaux du pétiole se dilatent parfois de manière à simuler un petit 
limbe en avant du limbe véritable (Oranger) ; cette expansion du pétiole, 
qui a reçu le nom de phyllo&e, constitue à elle seule la feuille de certains 
végétaux (fig. 45). 

Les feuilles chez lesquelles le pétiole fait défaut (fig. 69) se nomment 
sessiles. 

Le limbe présente habituellement la forme d'une lame mince; c'est à lui 
seul qu'est réservé le nom de feuille, dans le langage ordinaire, et c'est à 
lui aussi que se rapportent les détails qui vont suivre. 



ORQANOGRAPfflB. 21 

# Nous avons vu déjà que le limbe se compose exclusivement de cellules 
clans les feuilles submergées, et que dans les feuilles aériennes il comprend 
en outre des fibres et des vaisseaux. Les faisceaux fibro-vasculaires forment 
des lignes saillantes auxquelles on donne le nom de nervures ; le tissu plus 
lâche qui remplit les intervalles des nervures est appelé parenchyme, nom 
qui s'applique aussi à tout tissu cellulaire peu compacte. C'est de la dis- 
tribution des nervures et du parenchyme que dépend la forme de la feuille. 

31. Nervation. — Les nervures se distribuent selon trois modes principaux : 
tantôt le limbe est parcouru en son milieu par une nervure plus saillante 
que les autres et appelée côte, nervure principale, de laquelle naissent, à dif- 
férentes hauteurs, des nervures secondaires comme les barbes d'une plume 
de son tuyau (fig. 40), et la nervation est pennée, la feuille penni-nerve : c'est 
la nervation la plus commune; tantôt le pétiole se divise à l'entrée du 
limbe en plusieurs nervures, à peu près de même grosseur, qui divergent 
comme les doigts des oiseaux palmipèdes et la nervation est palmée, la 
feuille palmi-nerve (fig. 41) ; d'autres fois, enfin, les nervures après s'être sé- 
parées à Tentrée du limbe, comme dans le cas précédent, prennent des 
directions parallèles (fig. 42, 39) : on a dans ce cas des feuilles recti-nerves. Le 
Tilleul a des feuilles penni-nerves, l'Erable des feuilles palmi-nerves, le Blé 
des feuilles recti-nerves. 

La seule inspection des feuilles suffit presque toujours pour distinguer 
une plante dicotjdédone de celle qui est monocotylédone. Chez les pre- 
mières, les feuilles sont généralement penni-nerves ou palmi-nerves, et les 
nervures, après s'être ramifiées un grand nombre de fois, s'unissent par leurs 
extrémités de manière à dessiner un réseau ou une sorte de dentelle (fig. 48) ; 
chez les secondes, au contraire, les feuilles sont recti-nerves et leurs ramifica- 
tions, qui sont toujours peu nombreuses, restent parallèles les unes aux 
autres (fig. 39). On ne rencontre dans nos climats qu'un petit nombre de 
monocotylédones, de la famille des Aroidées et des Smilacées, dont les feuilles 
soient réticulées. 

32. Distribution du parenchyme. — Le parenchyme se distribue très-diver- 
sement entre les nervures. Lorsqu'il les réunit toutes dans une même 
membrane, la feuille est simple (fig. 41) ; lorsqu'il entoure les divisions pri- 
maires du pétiole de manière à former autour de chacune d'elles un limbe 
distinct, la feuille est composée (fig. 38) ; si, enfin, les différents limbes n'ap- 
paraissent que sur des nervures de troisième ou quatrième ordre, la feuille 
est dite décomposée et sur- décomposée (fig. 62, 63). Les feuilles de l'Erable sont 
simples; celles du Frêne, composées; celles de l'Ancolie, de l'Actée, dé- 
composées. 

33. Découpures des feuilles simples. — Lorsque le parenchyme occupe exac- 
tement l'espace compris entre les nervures (fig. 50), la feuille présente des 
bords unis et on la nomme entière. Ex. : le Lilas. 

Avec des bords découpés, la feuille est dite : 

Dentée (fig. 46), lorsque les découpures forment des saillies courtes et 
aiguës. Ex. : l'Orme. 

Crénelée (fig. 55), lorsque les découpures sont courtes et arrondies. Ex. : la 
Pensée 



22 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

Lobée (fig. 43), lorsque les découpures sont profondes. Ex. : le Chêne. # 

Le mot lobe s'applique plus spécialement aux divisions arrondies ou sé- 
parées par des sinus arrondis; celles qui sont aiguës et séparées par des 
sinus aigus se nomment fissures, quand elles pénètrent jusqu'au tiers du 
demi-limbe ; partitions, quand elles s'avancent jusqu'au milieu; et segments, 
quand elles se rapprochent davantage de la nervure médiane. 

On dira d'une feuille qu'elle est bi- tri . . . multi-fide, bi-tri . . . multi-partite, 
bi-tri . . . multi-séquée, lorsque ses fissures, ses partitions ou ses segments 
sont au nombre de deux, de trois, etc. Souvent aussi ces mots s'emploient 
conjointement avec d'autres expressions désignant le mode de nervation. 
Ainsi, une feuille pinnati-fide, pinnati-partite, pinnati-séquée, est celle qui 
joint des fissures, des partitions ou des segments à une nervation pennée. 
On dira de même, si la nervation est palmée : feuille palmati-fide, palmati- 
partite, palmati-séquée. 

Les découpures sont parfois si multipliées que le limbe paraît déchiré, 
réduit en lanières ou même en filaments. On exprime ces divers états de 
la feuille en disant qu'elle est disséquée, laciniée, déchiquetée, capillaire, etc. 
(fig. 44). 

34. Forme des feuilles simples. — Si l'on considère l'ensemble de la feuille 
tel qu'il résulte de l'arrangement des nervures et du parenchyme, on lui 
trouvera, le plus souvent, de la ressemblance avec des objets qui nous sont 
familiers et auxquels on pourra la comparer pour mieux en faire saisir la 
description. Voici, du reste, la définition des formes que l'on rencontre le 
plus fréquemment. La feuille est dite : 

Aciculaire, quand elle a la forme d'une aiguille. Ex. : le Pin. 

Linéaire, quand elle est étroite et de même largeur sur toute son étendue. 
Ex. : le Blé. 

Lancéolée (fig. 40), quand elle est en forme de lance. Ex. : le Laurier-Eose. 

Ovale ou Ovée (fig. 46), quand elle représente la coupe longitudinale d'un 
œuf, sa plus grande largeur étant à la base. Ex. : le Cerisier-à-grappes. 

Ob-ovale (fig. 47), quand elle présente la forme précédente renversée, 
c'est-à-dire ayant sa plus grande largeur au sommet. Ex. : l'Aubépine rouge 
ou Senellier. 

Remarque: le mot ob s'emploie toujours, comme ci-dessus, pour indiquer 
une forme renversée. 

Elliptique (fig. 48), quand elle forme une ellipse. Ex. : l'Erythrone. 

Oblongue (fig. 49), quand elle forme une ellipse très-allongée et dont les 
bords tendent à devenir parallèles. Ex. : la Smilacine à grappe. 

Cordée ou Cordiforme (fig. 50), quand sa base est échancrée en deux lobes 
arrondis et que son sommet est aigu. Ex. : le Lilas. 

Réniforme (fig. 51), quand sa base est échancrée en deux lobes arrondis et 
que son sommet est très-obtus. Ex. : l'Azaret du Canada. 

Sagiitée (fig. 52), quand sa base est échancrée en deux lobes aigus et que 
le sommet est aussi aigu. Ex. : la Sagittaire. 

Hastée (fig. 53), quand sa base porte deux lobes aigus coupés perpendi 
culairement au pétiole, et que son sommet est aigu. Ex. : l'Arroche-Fraise. 

Lyrée, quand elle est pinnati-fide et que la division du sommet est beau- 
coup plus grande que les autres. Ex. : la Benoîte. 

Roncinée, quand elle est pinnati-fide et que les saillies se dirigent vers lf 
base. Ex. : le Pissenlit. 



ORGANOGRAPHIE. 23 

Amplexicaule quand elle est sessile et que sa base entoure la tige. 
Ex. : la Chicorée sauvage. 

Connée (fig. 56), lorsqu'elle se soude par sa base avec une autre feuille 
qui lui est opposée. Ex. : le Chèvre-Feuille à petites fleurs. 

Perfoliée (lig. 57), lorsqu'elle entoure la tige de telle manière que celle- 
ci paraît la traverser. Ex. : l'Uvulaire perfoliée. 

Pellée (fig. 55), quand le pétiole s'attache au milieu du limbe de manière 
à figurer un bouclier. Ex. : la Capucine des jardins. 

35. Feuilles composées. — Chaque limbe des feuilles composées présente 
l'aspect d'une feuille simple et porte en conséquence le nom de foliole. 

Les folioles naissent tantôt à l'extrémité du pétiole, tantôt sur ses côtés : 
dans le premier cas, la feuille est digitée (fig. 58), et dans le second, pennée 
(fig. 61). Les feuilles du Trèfle, du Lupin, du Marronier, sont digitées; 
celles du Noyer, du Vinaigrier, du Rosier, sont pennées. 

La feuille pennée est dite pari-pennée ou abruti-penn ée Lorsque toutes ses 
folioles sont latérales (fig. 61); on la nomme impari-pennée ou pennée avec 
impaire, lorsque la foliole du sommet termine le pétiole (fig. 60). 

Quand les feuilles deviennent décomposées ou sur-décomposées (no. 32), 
on a coutume d'indiquer le degré de composition au moyen de nombres 
placés devant le nom de la feuille. Ainsi, une feuille digitée, formée de 
trois folioles, comme celle du Trèfle, se nomme ternée ; elle prendra le nom 
de bi-temée si» elle est décomposée, et celui de tri-quadri . . . ternée 
si elle est sur-décomposée (fig. 63). On dira de même feuille pennée, bi- 
pennée, tri-quadri . . . pennée (fig. 62). 

Les feuilles décomposées atteignent parfois un développement tel que les 
commençants sont exposés à les prendre pour des rameaux ou même pour 
de grandes branches. Pour éviter cette erreur, il suffira, le plus souvent, de 
considérer l'insertion sur la tige du prétendu rameau : s'il porte à sa base 
une gaîne, des stipules ou une forte articulation, il devra être considère 
comme une feuille unique. 

36. Feuilles anomales. — On nomme anomales les feuilles dont le limbe 
n'est pas lamellaire. Elles se produisent lorsque les nervures, au lieu de 
suivre sensiblement le même plan, se distribuent dans des plans très-diffé- 
rents. Le limbe peut alors circonscrire une cavité comme dans l'Oignon et 
la Sarracénie (fig. 64), ou bien, si le parenchyme remplit tout l'espace com- 
pris entre les nervures, acquérir une forte épaisseur comme dans la plupart 
des plantes grasses. 

37. Disposition des feuilles sur leur axe. — La disposition des feuilles étant 
constante dans chaque espèce végétale, elle fournit d'excellents caractères 
pour la classification. On divise les feuilles, à ce point de vue, en radicales 
et caulinaires : les premières sont celles qui naissent près du collet de la ra- 
cine (fig. 65), et les secondes, celles qui naissent sur des points plus élevés. 

Les feuilles caulinaires se nomment alternes, lorsqu'elles sont espacées, 
une à une, sur la tige à des hauteurs différentes (fig. 66) ; opposées, lors- 
qu'elles sont situées deux à deux sur un même plan, vis-à-vis l'une de 
l'autre (fig. 68); verticillées, lorsqu'elles sont groupées circulairement autour 
de la tige, sur un même plan, comme une couronne (fig. 69). L'Orme a des 



24 COURS ELEMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

feuilles alternes, l'Erable des feuilles opposées et le Laurier-Rose des 
feuilles verticillées. Des feuilles qui naissent d'un même point de la tige 
sont dites géminées quand elles sont au nombre de deux, et fasciculées 
quand elles sont plus nombreuses. 

L'arrangement des feuilles est soumis à des lois d'une rigueur presque 
mathématique. " Les feuilles alternes, dit Mime -Edwards, ne sont jamais 
éparses sans ordre; elles sont disposées en spirale sur leur axe, de gauche à 
droite ou de droite à gauche. Il est facile de vérifier cette loi, en faisant 
passer un fil par tous les points successifs des insertions des feuilles. .Si 
nous appliquons ce procédé à l'examen des feuilles du Tilleul, de la Fève, 
de l'Aristoloche, nous verrons qu'après le premier tour complet de spire, la 
troisième feuille est venue se placer au-dessus de la première ; qu'après le 
second tour, la cinquième feuille est située au-dessus de la troisième; par 
conséquent, la quatrième est située au-dessus de la seconde, la sixième au- 
dessus de la quatrième, et ainsi de suite, de telle sorte que toutes les feuilles 
de l'arbre sont disposées de chaque côté de leur axe en deux séries recti- 
lignes, dont la première est formée par les feuilles de rang impair, et la se- 
conde parles feuilles de rang pair, disposition qui leur a valu le nom dedisii- 
ques (rig. 67). Chez le Cactus élégant, ce n'est pas la troisième feuille qui vient 
se placer au-dessus de la première après un tour de spire, c'est la quatrième ; 
les feuilles sont donc arrangées en trois séries rectilignes sur l'axe, elles 
sont tristiques. Chez d'autres végétaux, c'est la sixième feuille qui se trouve 
au-dessus de la première ; mais tantôt il suffit d'un seul tour de spire, et 
tantôt il faut en parcourir deux pour trouver cette sixième feuille placée 
ainsi au-dessus de la première. La Pomme de terre, le Cerisier, la Pêcher nous 
offrent des exemples de cette dernière disposition qu'on appelle quinconce. 

On a donné le nom de cycle à chaque système de feuilles qu'il faut par- 
courir pour arriver, après un ou plusieurs tours de spire, à la feuille placée 
au-dessus de celle d'où l'on est parti. Il est donc clair que pour donner 
l'expression exacte d'un cycle, il faut indiquer deux choses: le nombre de 
tours de spire, et le nombre de feuilles qui le composent. Ces deux nom- 
bres ont été pris comme les deux termes d'une fraction dont le premier est 
le numérateur et le second le dénominateur. Ainsi, l'expression du cycle 
des feuilles distiques est ,\, parce qu'il se compose de deux feuilles sur un 

tour de spire. Le 5 cycles les plus habituels, rapprochés les uns des 

autres, ont donné la série ^, \, \, |, etc., qu'il est facile de conti- 
nuer par le calcul, comme on l'a lait par l'observation, si l'on remarque 
qu'à l'exception des deux premières, toutes les fractions de la série forment 
leur numérateur par l'addition des numérateurs des deux fractions précé- 
dentes, et leur dénominateur par l'addition des dénominateurs des deux 
mêmes fractions. 

Souvent les feuilles, dans leurs séries, ne peuvent pas être rigoureuse- 
ment ramenées l'une au dessus de l'autre sur une ligne droite, et décrivent 
ainsi autour de l'axe une courbe indéfinie -, on les désigne sous le nom de 
curvisériées. 

.... Quand les feuilles sont opposées, et que les deux feuilles supérieures 
ne placent dans le milieu de l'intervalle des deux feuilles inférieures de 
manière à les croiser à angle droit, il y a décussaiion, ces feuilles sont dé- 
cussées." 

38. Durée des feuilles. — La durée des feuilles est variable d'un végétal à 
l'autre. Dans nos contrées, la plupart des arbres se dépouillent de leurs 



ORGANOGRAI'HIK. 25 

leuilles à l'automne ; quelques-uns les gardent cependant plus longtemps : 
les arbres verts, comme le Pin, ne conservent leur verdure pendant toute 
L'année que grâce à la persistance de leurs feuilles, qui restent encore en 
place au moment où il s'en forme de nouvelles. En général, ce sont les 
feuilles articulées qui tombent le plus facilement et le plus vite; celles qui 
s'attachent à la tige sans articulation, celles surtout qui sont engainantes, 
persistent après même qu'elles se sont desséchées. 

39. Transformations des feuilles. — Dans un grand nombre de plantes, les 
feuilles subissent des transformations qui peuvent les rendre difficiles à re- 
connaître. Les tiges souterraines, particulièrement les rhizomes bulbeux, 
nous offrent des exemples frappants de ces transformations. Ainsi, la Jacinthe 
(tig. 24) se compose d'un plateau central autour duquel se superposent des 
feuilles charnues, de couleur blanche, qui se changent, vers la surface, en 
membranes écailleuses. Dans la Pomme-de-terre les feuilles se réduisent 
à des écailles à peine perceptibles, situées près des bourgeons ou yeux. 

Des feuilles non moins profondément transformées se remarquent sur 
quelques tiges aériennes: celles de l'Asperge ( fig. 71 ) consistent en de 
simples écailles qui naissent à la base des rameaux ; celles de plusieurs es- 
pèces de Cactus sont à peine indiquées par un petit coussinet qu'on 
remarque sous les bourgeons. Les personnes étrangères à la botanique 
prennent souvent les rameaux aplatis ou anguleux de ces végétaux pour 
des feuilles. La même erreur peut avoir lieu relativement à l'Amarante 
crête-de-coq, qu'on voit dans les jardins: la tige de cette plante s'aplatit en 
une lame plus ou moins large, d'aspect foliacé; c'est sur cette lame que 
unissent les véritables feuilles qui ne sont ici encore que de petites écailles. 

•Les filaments herbacés appelés vrilles (fig. 70), au moyen desquels les 
tiges grimpantes se fixent sur leur support, n'ont la plupart du temps 
d'autre origine qu'une feuille ou une partie de feuille transformée. Il en 
est de même des épines, qu'il ne faut point confondre avec les aiguillons dont 
nous avons parlé précédemment (no. 24) : ceux-ci appartiennent à l'épi- 
derme et s'enlèvent avec lui; celles-là, au contraire, naissent du cœur 
même de la tige. 

Les feuilles placées dans le voisinage des fleurs et connues sous les noms 
de feuilles florales et de bractées subissent aussi des transformations sur 
lesquelles il importe d'attirer l'attention. Ces feuilles sont généralement 
revêtues de couleurs d'autant plus vives qu'elles se rapprochent davantage 
de la fleur ; en même temps, elles prennent des dimensions de plus en plus 
réduites, jusqu'à devenir des écailles ou des filaments. 

Quelquefois la plus élevée de ces bractées prend, au contraire, un grand 
développement et forme autour des fleurs une enveloppe protectrice 
appelée spathe. L' Arum vulgare ou Pied-de-veau possède une spathe blanche 
très-grande et d'une beauté remarquable (fig. 124). 

D'autres fois un certain nombre de bractées sont disposées au-dessous 
d'un ensemble de fleurs en une sorte de colère tte qu'on nomme involucre. 
Le3 feuilles de l'involucre sont tantôt larges, indépendantes et distantes 
des fleurs comme dans l'Anémone, tantôt plus petites et imbriquées, comme 
dans le Pissenlit, tantôt soudées les unes aux autres : la cupule qui entoure 
les glands du Chêne n'a point d'autre origine ; elle se compose de bractées 
écailleuses. libres dans les premiers temps, mais qui se sont soudées plus 
tard (Kg. 147). 



26 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

Dans les Graminées, la fleur est enveloppée de bractées scarieuses aux- 
quelles on donne le nom de glumes (fig. 171 ) : ce sont elles qui forment la 
balle du Blé. 

Enfin nous verrons plus loin que toutes les parties de la fleur et du fruit 
doivent être considérées comme des feuilles transformées. 

Il n'y a donc en réalité, dans les plantes, qu'une racine, une tige et des 
feuilles: ces organes fondamentaux se montrent déjà dans l'embryon et se 
développent seuls dans la suite ; mais par une disposition providentielle 
qu'on ne saurait assez admirer, ils se modifient de manière à s'adapter aux 
diverses fonctions vitales de la plante. 



CHAPITRE VI. 
LA FLEUR. 

40. La fleur est un ensemble d'organes disposés en verticilles rapprochés 
et destinés à produire le fruit. 

Les verticilles dont elle peut se composer sont, en allant de la circonfé- 
rence au centre : le calice, la corolle, les étamines et le pistil (fig. 72 ). 

Le calice et la corolle, que l'on désigne collectivement par les noms de 
périanthe et d' enveloppes florales, n'ont qu'un rôle accessoire dans la fructifi- 
cation, celui de protéger les étamines et le pistil. Ces derniers verticilles, 
nommés organes de lafécondation, forment la partie essentielle de la fleur. 

CALICE. 

41. Formes du calice. — Le calice est formé de petites feuilles appelées 
sépales, de couleur ordinairement verte et de forme variable. Les sépales 
demeurent quelque fois complètement libres (fig. 73), et d'autres fois se 
soudent ensemble par leurs bords (fig. 74) : dans le premier cas, le calice 
est dit polysépale, et dans le second monosépale ou monophylle, comme s*il 
n'était formé que d'une seule feuille. La Giroflée possède un calice poly- 
sépale et l'Œillet un calice monosépale. 

Il est rare que les sépales se soudent dans toute leur étendue. Le plus 
souvent ils demeurent libres par leur extrémité supérieure, laissant entre eux 
des vides qui rappellent les découpures des feuilles et se désignent par les 
mêmes mots. 

La partie du calice monosépale où les sépales sont soudés s'appelle le 
tube, celle où ils sont libres s'appelle le limbe, et la ligne de séparation entre 
le tube et le limbe est la gorge du calice (fig. 74). 

Le calice est dit régulier (fig. 73, 74) lorsque toute section qui passe par 
son axe le divise en deux parties égales ; dans le cas contraire, il est irrégu- 
lier (fig. 75). L'irrégularité a pour cause une différence dans la forme et la 
grandeur des sépales, ou bien un défaut de symétrie dans leur disposition. 

42. Durée du calice- — Le calice, relativement à sa durée, se nomme fugace, 
caduc ou persistant : fugace, quand il tombe avant l'épanouissement de la 
fleur (Sanguinaire) ; caduc, quand il disparaît après la fécondation (Tilleul) ; 



0RGAN0ORAPHIE. 27 

persistant, quand il demeure en place durant la maturation du fruit 
(Violette). Il peut arriver que le calice persistant se flétrisse, comme dans 
le Groseiller, ou que, continuant à croître, il devienne partie intégrante du 
fruit. Dans le premier cas il est dit marcescent et dans le second accrescent. 

COKOLLE. 

43. La corolle occupe une position intermédiaire entre le calice et les 
étamines. C'est la partie la plus apparente de la fleur, ordinairement colorée, 
brillante et souvent odorante. Les petites feuilles qui la composent se 
nomment des pétales ; elles sont généralement élargies à la partie supérieure 
et atténuées inférieurement en une sorte de pétiole qu'on nomme onglet 
(fig. 76). 

Toutes les définitions données plus haut pour le calice s'appliquent à la 
corolle, en ayant soin de substituer le mot pétale à celui de sépale. 

44. Formes de la corolle polypétale. — Certaines formes de corolles poly- 
pétales régulières sont caractéristiques pour toutes les plantes d'une ou de 
plusieurs familles, et ont reçu des noms particuliers. On appelle : 

Cruciforme (fig. 77), la corolle formée de quatre pétales en croix. Ex. : la 
Giroflée. 

Caryophyllée (fig. 78), celle qui est formée de cinq pétales munis de longs 
onglets. Ex. : l'Œillet. 

Rosacée (fig. 79), celle qui est formée de cinq pétales, au moins, à onglets 
courts et à limbe étalé en rosace. Ex. : le Rosier. 

La plupart des Légumineuses, telles que le Pois et le Haricot, possèdent 
une corolle polypétale irrégulière dont l'ensemble dessine grossièrement 
un papillon aux ailes étendues : cette corolle se nomme papilionacée. Elle 
se compose de cinq pétales dont l'un s'élève au-dessus des autres qu'il en- 
veloppe, et se nomme V étendard ; deux sont placés sur les côtés et portent 
le nom d' ailes ; les deux autres, placés à la partie inférieure, forment la carène, 
ainsi nommée parce qu'elle représente l'avant d'une nacelle (fig. 80, 81). 

45. Formes de la corolle monopétale. — La corolle monopétale régulière 
peut affecter l'une des six formes suivantes : 

Campanulée (fig. 82) : tube dilaté dès sa base et s' évasant en forme de 
cloche. Ex. : la Campanule. 

Infundibuliforme (fig. 83) : tube conique, évasé supérieurement en enton- 
noir. Ex. : le Tabac. 

Rotacée (fig. 84): tube court, limbe plan et étalé. Ex.: la Pomme-de-terre. 

Hrjpocratériforme (fig. 85) : tube court et droit, limbe évasé en forme de 
soucoupe. Ex. : le Lilas. 

Tabulée (fig. 86) : tube cylindrique et allongé. Ex. : la Grande Consoude. 

Urcéolée (fig. 87) : tube dilaté en son milieu et contracté aux extrémités. 
Ex. : la Gaulthéria ou thé des bois. 

Parmi lei> corolles monopétales irrégulières, on distingue la corolle ligulée 
(fig. 89), dont le tube est fendu et le limbe rejeté de côté en forme de 
languette. Ex.: le Pissenlit. 

La corolle labiée (fig. 88), dont la gorge est ouverte et le limbe partagé en 
deux divisions inégales qu'on appelle lèvres. Ex. : la Menthe. 

La corolle personnée (fig. 90), dont le limbe se partage en deux lèvres rap- 



28 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

proche es qui lui donnent quelque ressemblance avec un masque ou un 
mufle de veau. Ex. : la Linaire. 

ETAMLNES. 

46. Les étamines forment le troisième verticille de la fleur. Chacune 
d'elles comprend généralement trois parties : lejilet, V anthère et le connectif 
(fig. 91, 92). 

47. Filet. — Le filet est un support mince qui remplit dans l'étamine le 
même rôle que le pétiole dans la feuille. On le nomme : 

Capillaire, quand il est fin comme un fil. 
Subulé, quand il se termine en pointe effilée. 
Pétaldide, quand il s'élargit en forme de pétale. 
Géiiiculé. quand il est plié de manière à faire un angle. 
Bifurqué, quand il se divise supérieurement en deux branches. 
L'étamine qui manque de filet se nomme sessile. 

48. Anthère. — L'anthère est un petit sac plus ou moins allongé et rempli 
d'une poussière ordinairement jaune, connue sous le nom de pollen. Elle se 
compose presque toujours de deux loges ou cavités distinctes, faciles à re- 
connaître par la proéminence quelles forment cà droite et à gauche d'un 
sillon qui les sépare. Ces loges, à une époque déterminée, doivent donner 
issue au pollen. Leur déhiscence s'opère quelquefois au moyen de valvules 
(fig. 93). plus souvent par des pores situés au sommet (fig. 94), et ordinaire- 
ment par des fentes longitudinales ou transversales (fig. 95). Une strie 
indique sur chaque loge l'endroit où la déhiscence doit avoir lieu. Si cette 
strie est tournée vers le centre de la fleur, l'anthère est introrse ; lorsqu'elle 
regarde la circonférence, l'anthère est extrorse. 

Le pollen apparaît, au microscope, comme un amas de grains dont la 
forme varie selon les espèces végétales. Ces grains placés dans l'eau ne 
tardent pas à se gonfler, se déchirent et laissent échapper une matière 
fluide, lufovilla, qui joue un rôle essentiel dans la fécondation des graines 
(fig. 96). 

Chez quelques plantes, les Orchidées, par exemple, le pollen est agglutiné 
vers le haut du filet et constitue une masse (fig. 97) à laquelle on a donné 
le nom de pollinie. 

Les étamines qui ne renferment point de pollen sont dites stériles (fig. 92, Is). 

49. Connectif. — Les loges de l'anthère sont quelquefois accolées l'une à 
l'autre sans corps intermédiaire. Le plus souvent elles sont réunies au 
moyen d'une substance qui a reçu, à raison de sa fonction, le nom de con- 
nectif. Cette substance peut n'occuper qu'un point entre les loges, s'étendre 
sur toute leur longueur ou même la dépasser et former au-dessus d'elles 
des appendices variés. Dans les deux derniers cas (fig. 91), on dit de l'an- 
thère qu'elle est adnée au connectif. L'anthère est encore basifixe (fig. 94), 
oscillante (fig. 95), ou pendante selon que le filet s'attache au connectif vers 
la base des loges, vers leur milieu ou à leur sommet. 

50. Etamines considérées dans leur ensemble. — Le nombre des étamines 
varie depuis un jusqu'à plus de cent. Tant que ce nombre ne dépasse pas 



0ROANOGKAP1II14. 29 

dix, les étamines sont dites définies ; s'il va au-delà, on les nomme indéfinies. 

Il peut arriver que dans la même fleur certaines étamines soient plus 
longues que d'autres. A ce point de vue, elles s'appellent didynames, lors- 
qu'elles sont au nombre de quatre dont deux longues et deux petites (fig. 
98); et téiradynames, lorsqu'elles sont au nombre de six dont quatre grandes 
alternant par paires avec deux autres plus petites (fig. 99). 

Les étamines peuvent, comme les sépales et les pétales, se souder en- 
semble. Lorsqu'elles adhérent par les anthères, comme dans le Pissenlit, 
on les nomme synanthérées (fig. S9) ; lorsque la soudure a lieu par les filets 
seulement, elles sont adelphes : on les nommera monadelphes, diadelphes. . . . 
polyadelphes, selon que les filets forment un faisceau unique comme dans la 
Mauve (fig. 100), ou deux phalanges comme dans le Haricot (fig. 101), ou enfin 
se divisent en plusieurs groupes comme dans le Tilleul et le Millepertuis. 

Dans quelques cas assez rares, dont les Lobélies nous fournissent un ex- 
emple, les étamines adhérent tout à la fois par les filets et par les anthères. 

51. Nature des étamines. — Les botanistes considèrent les étamines comme 
des feuilles dont le limbe s'est replié sur lui-même de manière à circonscrire 
la cavité qui loge le pollen. Parmi les faits nombreux qui viennent à l'ap- 
pui de cette opinion, nous mentionnerons celui deajieurs doubles. On nomme 
ainsi les fleurs dont les étamines se sont changées en pétales sous l'influence 
de la culture. . Un grand nombre de plantes, telles que le Eosier et le 
Camellia, nous présentent ce curieux phénomène. Cesse- t-on de les culti- 
ver, elles reviennent à leur état normal : les pétales surnuméraires dispa- 
raissent et un nombre égal d' étamines les remplace. Ces faciles transfor- 
mations sont une preuve qu'il y a communauté d'origine entre les organes 
dont nous parlons ; elles montrent que les étamines ne sont que des feuilles 
encore plus profondément modifiées que les v pétales, et auxquelles la^ nature 
a donné une forme en rapport avec les fonctions particulières qu'elles ont à 
i emplir dans la fleur. 

PISTIL. 

52. £e pistil est le verticille qui occupe le centre de la fleur. Chacune des 
feuilles qui le composent porte le nom de carpelle. Dans ces feuilles, qui 
sont généralement sessiles (fig. 102), le limbe s'est contourné sur lui-même 
de manière à clore une cavité arrondie, Y ovaire ; en même temps, les bords 
repliés vers l'intérieur de la cavité se sont soudés ensemble, présentant par 
là une disposition analogue à celle des coutures dans nos vêtements. Au- 
dessus de l'ovaire, le limbe carpellaire, devenu très-étroit, se prolonge en 
un tube effilé terminé lui-même par un épanouissement arrondi ou de forme 
allongée. Ce tube a reçu le nom de style et l'épanouissement qui le sur- 
monte, celui de stigmate (fig. 103). 

Ce n'est que dans le Cerisier sauvage et un petit nombre d'autres végé- 
taux que l'on voit nettement dessinées les dispositions décrites ci-dessus. 
En général, les feuilles carpellaires sont tellement modifiées que la 
seule vue est insuffisante pour nous renseigner sur leur véritable nature. 
Mais la facilité avec laquelle elles se transforment en pétales par la culture, 
leur structure intérieure, leur retour, après maturation des graines, à la 
forme d'une petite feuille, ne laissent aucun doute sur leur origine. 

Le style, avons-nous dit, surmonte l'ovaire : dans certain cas, cependant, 



30 COURS ELEMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

il semble naître sur les côtés ou même à la base de ce dernier (fig. 104) : cette 
disposition est due à une déviation de l'ovaire, dont le sommet s'est infléchi 
vers la partie inférieure de la fleur. 

Assez souvent le style fait défaut, et le stigmate, devenu sessile, repose 
immédiatement sur l'ovaire (iig. 112, 113). 

53. Ovaire simole et ovaire comoosé. — Dans quelques familles végétales, 
les Kenonculacées, par exemple, les carpelles du pistil restent isolés ; le plus 
souvent ils se soudent les uns aux autres soit par les ovaires seulement, 
soit par les ovaires et les styles à la fois, ou même par les stigmates. 

On appelle simple l'ovaire du carpelle libre (fig. 105), et composé celui qui 
résulte de plusieurs carpelles unis ensemble (fig. 109). 

Dans l'ovaire composé, les deux bords de chaque carpelle se soudent à ceux 
des carpeiles voisins: il en résulte des cloisons doubles qui s'aplatissent 
par l'effet de la compression et s'avancent ordinairement jusqu'au centre 
de la cavité ovarienne, quelles partagent en compartiments: l'ovaire de- 
vient ainsi multiloculaire ou à plusieurs loges (fig. 108). 

Quelquefois les cloisons, au lieu de s'avancer jusqu'au centre de l'ovaire, 
s'arrêtent en-deçà, se dédoublent en partie et donnent naissance à deux 
petites lames qui s'infléchissent, en sens contraire, vers la circonférence 
(fig. 107) ; dans ce cas, il ne se forme que des loges incomplètes. 

54. Ovules. — L'ovaire tire son nom de petits corps arrondis que renferme 
sa cavité (fig. 106 >, et que l'on nomme des ovules. 

Les ovules sont formés d'un mamelon central, le nucelle, qui est générale- 
ment recouvert de deux membranes. A la partie supérieure, ces mem- 
branes laissent une ouverture, nommée micropyle, par laquelle pénètre la 
fovilla au moment de la fécondation. Un autre point remarquable dans 
l'ovule est V ombilic, plus communément appelé le hile. C'est parla qu'il 
communique avec l'ovaire et en tire sa nourriture. Très-souvent la com- 
munication a lieu au moyen d'un petit cordon qu'on nomme funicule 
(fig. 106,(3)). 

Les ovules présentent trois formes principales : on les nomme ortho- 
tropes (fig. 106, (1) ) lorsqu'ils sont droits comme un œuf: anatropes (fig. 
106, (2)) quand leur pointe est inclinée de côté ; campylotropes (fig. 106, (3)) 
lorsqu'ils sont courbés à la manière d'un rein. Cette dernière forme, qui 
est la plus commune, se voit dans le Haricot. 

55. Placenta*}' Oll. — Lorsqu'on fend longitudinalement une gousse de 
Haricot, on aperçoit sur les bords soudés du carpelle une ligne saillante à 
laquelle sont attachés les ovules et qui a reçu le nom de placenta. 

Tous les ovaires simples ont leurs placentas situés contre la paroi, et leur 
placentation est dite pariétale (fig. 102). 

Dans l'ovaire composé à loges complètes, les bords des carpelles se 
trouvent portés au centre, et les ovules naissent de l'aisselle des loges : 
cet ovaire est dit à placentation axile (fig. 108). 

Il peut arriver que les cloisons disparaissent et que tous les placentas 
restent isolés au centre sous forme d'une colonne à laquelle sont suspen- 
dus les ovules : on a alors une placentation centrale (fig. 109). 

Dans tous les autres cas où l'ovaire composé devient uni-loculaire, c'est- 
à-dire à une seule loge, par la destruction des cloisons, ou bien ne présente 
que des loges incomplètes, les placentas se trouvent éloignés du centre et 



ORGANOGRAPHIE. Zl 

la placenta tion est dite pariétale comme dans le cas de l'ovaire simple 
(fig. 107). 

VERTICILLES FLORAOX CONSIDÉRÉS DANS LEURS RAPPORTS. 

56. Types floraux. — Le mot type, quand on l'applique aux fleurs, sert à 
indiquer l'état plus ou moins complexe de leurs verticilles. Lorsque ceux-ci 
comprennent chacun deux parties, la fleur est à type binaire; elle serait à 
type ternaire, quaternaire ou quinaire si les verticilles renfermaient trois ; 
quatre ou cinq parties. 

Le type ternaire est le seul qu'on remarque chez les monocotylédones ; 
les dicotylédones, au contraire, n'offrent presque jamais le type ternaire et 
sont le plus souvent à type quinaire. 

Ce qui précède supposerait que tous les verticilles d'une fleur sont com- 
posés d'un même nombre de folioles; il n'en est cependant pas toujours 
ainsi. Quelquefois des avortements partiels ont lieu ; d'autres fois, et ce 
cas est assez fréquent, un verticille devient double on multiple des autres. 
Ainsi, le Lis avec un ovaire à trois loges, formé par conséquent de trois car- 
pelles, possède six étamines et un périanthe de six folioles. Lorsqu'il y a 
multiplication d'un ou de plusieurs organes floraux, le type emprunte son 
nom au verticille le plus simple. D'après cette règle, on dira que le Lis est 
à type ternaire. 

57. Insertion des verticilles floraux. — L'axe floral porte à son extrémité 
(fig. 103) une surface élargie connue sous le nom de réceptacle ou de torus : 
c'est là que prennent naissance les divers organes de la fleur, dans l'ordre 
indiqué précédemment. 

Lorsque le réceptacle s'allonge notablement, les verticilles se trouvent 
portés à des hauteurs différentes, et les folioles dont ils se composent, deve- 
nant sensiblement alternes, décrivent une spirale régulière comme les 
feuilles ordinaires. La spire se continue d'un verticille à l'autre ; c'est 
ainsi qu'on voit les sépales alterner avec les pétales, ceux-ci avec les éta- 
mines, etc. 

Lorsque le réceptacle est plan ou peu convexe, la disposition en spirale 
disparaît ou du moins est beaucoup plus difficile à saisir ; même dans ce 
cas, les folioles d'un verticille alternent avec celles du verticille voisin, à 
moins que des avortements ou le dédoublement de certaines parties ne 
viennent masquer cet ordre. 

La proximité qui existe entre les verticilles floraux occasionne assez 
fréquemment des soudures. On considère comme origine d'un verticille le 
point où il devient libre de toute adhérence avec les autres verticilles. 
D'après cette convention, les étamines seront censées naître du pistil, de 
la corolle ou du calice, suivant qu'elles seront soudées avec l'un ou l'autre 
de ces organes. On les nomme 

Êpigynes (fig. 110) lorsqu'elles naissent du pistil, comme dans Y Aralia 
nudicaulis, vulg. Salsepareille. 

Périgynes (fig. 111) lorsqu'elles naissent du calice, comme dans le 
Cerisier. 

Hypogynes (fig. 112) lorsqu'elles naissent du réceptacle, comme dans la 
Renoncule et le Pavot. 

Il n'existe aucun terme spécial pour indiquer l'insertion des étamines 



32 C0UH3 ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

sur la corolle. On les dira épigynes, périgynes ou hypogynes, suivant qeu 
la corolle naîtra elle-même du pistil, du calice ou du réceptacle. 

Le calice monosépale et l'ovaire se soudent fréquemment ensemble. 
Le premier est alors censé naître du second, qui occupe, en conséquence, 
une position inférieure. De là les noms d'ovawe supère et d'ovaire infère : 
l'ovaire est supère quand il est libre d'adhérence avec le calice-, il est infère 
dans le cas contraire (fig. 73, 111). 

Assez souvent l'adhérence entre deux verticilles s'opère par l'intermé- 
diaire d'un tissu glanduleux; ce tissu prend le nom de disque lorsqu'il fait 
saillie entre les verticilles qu'il unit, comme dans la Spirée corymbifère et 
dans le Narcisse (fig. 113, 112). 

58. Préfloraison. — La préfloraison est l'état de la fleur avant son épanouis- 
sement. La disposition que présentent à ce moment les folioles du calice 
et celles de la corolle est caractéristique pour les espèces végétales. 

La préfloraison est dite imbriquée (fig. 115) lorsque chaque foliole a l'un 
de ses bords couverts par la foliole précédente et qu'elle couvre elle-même, 
par son bord libre, la foliole suivante; volvaire (fig. 116), lorsque les folioles 
voisines sont juxta-posées sans se couvrir; tordue (fig. 117), lorsque les 
folioles sont contournées sur leur axe. 

Le Géranium a un calice imbriqué et une corolle tordue. Dans le 
Tilleul, le calice est valvaire. 

59. Fleurs incomplètes. — La fleur n'est complète qu'autant qu'elle pos 
sède un calice, une corolle, des étamines et un pistil. L'absence de l'une 
quelconque de ces parties la rend incomplète. On nomme 

apérianikée ou achlamydée, la fleur qui n'a aucune des deux enve- 
loppes florales ; 

monopérianthée, celle qui n'a que le calice ou la corolle ; 
apétale, celle qui manque de corolle. 
Comme il serait parfois difficile de décider si c'est le calice ou la corolle 
qui fait défaut dans les fleurs à une seule enveloppe florale, on est convenu, 
en pratique, d'appeler toutes ces fleurs apétales. 

Sous le rapport des organes de la fécondation, une fleur est dite 

hermaphrodite ou parfaite, quand elle possède des étamines et un 
pistil ; 

unisexuée, quand elle n'a que des étamines ou un pistil ; 
neutre, quand elle est privée de ces deux organes à la fois. 
Les fleurs de la Queue de lézard sont apérianthées ; celles de l'Anémone et 
de la Caltha des marais sont monopérianthées ou apétales ; celles du Pom- 
mier sont parfaites ; celles du Coudrier, du Chanvre sont unisexuées ; 
celles des Boules-de-neige sont neutres. 

La fleur unisexuée est encore appelée fleur mâle ou staminée ou stérile ; 
fleur J émette ou pisiillée on fertile, suivant quelle renferme des étamines 
ou un pistil. 

On ne trouve pas toujours les mêmes fleurs sur toutes les plantes de 
la même espèce, et il a fallu créer des termes pour indiquer cette particu- 
larité. On dit d'une plante qu'elle est polygame quand elle porte des 
fleurs parfaites et des fleurs unisexuées : monoïque, lorsqu'elle n'a que des 
fleurs unisexuées dont les unes sont staminées et les autres pistillées ; 



OKGAN'UGKAl'HIE. 33 

dioïque, lorsqu'elle n'a que des fleurs unisexuées, toutes staminées ou toutes 
pistillées. 

Le Chanvre, le Saule, le Peuplier, etc., ont leurs fleurs pistillées sur un 
pied et leurs rieurs staminées sur un pied différent : ce sont donc des 
plantes dioïques. Le Bouleau porte sur le même pied, mais sur des 
points différents, des fleurs staminées et des fleurs pistillées : il est donc- 
monoïque. L'Erable à sucre est un exemple de plante polygame. 

INFLORESCENCE. 

60. Définition. — Dans son acception la plus générale, le mot inflorescence 
désigne l'arrangement des rieurs sur leur axe qu'on appelle axe floral et 
pédoncule, ou bien encore hampe, s'il s'élève directement de terre comme 
dans la Tulipe et la Primevère. 

Dans un sens plus restreint, on donne le nom à? inflorescence à l'ensemble 
des rieurs qui ne sont séparées que par des bractées (No. 39) ; les fleurs 
entre lesquelles se voient des feuilles ordinaires devront être considérées 
comme appartenant à des inflorescences différentes, quand bien même 
elles seraient portées sur le même rameau de la plante. 

61. Inflorescences indéfinies et définies. — L'inflorescence est dite indéfinie, 
quand l'axe floral produit latéralement des fleurs, à mesure qu'il croît. 
Comme cette croissance de l'axe varie avec les conditions climatériques. 
le nombre des fleurs qu'il doit porter est nécessairement indéterminé : de 
là le nom d'inflorescence indéfinie. 

Dans l'inflorescence indéfinie, les fleurs les plus éloignées de l'extrémité 
de l'axe étant les plus anciennes, sont aussi les plus développées (fig. 125). 
Cette circonstance leur a valu le nom de centrifuges. 

L'inflorescence est, au contraire, définie quand l'axe, après avoir pris son 
entier accroissement, se termine par une fleur. Cette fleur terminale 
reste quelquefois solitaire, comme dans la Sanguinaire, mais plus ordinai- 
rement il se montre au-dessous d'elle un ou plusieurs axes secondaires 
qui continuent l'inflorescence jusqu'à épuisement de la force vitale. 

Ce qui caractérise essentiellement l'inflorescence définie (fig. 130), c'est 
que les fleurs y sont d'autant plus développées qu'elles naissent plus près 
de l'extrémité de l'axe floral principal. Aussi les nomme- t-on centripètes. 

Dans quelques plantes l'inflorescence est indéfinie sur l'axe primaire et 
définie sur les axes secondaires : il en résulte une inflorescence mixte. 

62. forme des inflorescences indéfinies. — Les inflorescences indéfinies se 
présentent sous un grand nombre de formes, parmi lesquelles nous men- 
tionnerons l'épi, le chaton, le cône ou strobile, le spadice, la grappe, la 
panicule, le thyrse, le corymbe, l'ombelle et le capitule. 

Vépi (fig. 118) se compose de fleurs sessiles ou presque sessiles ordinaire- 
ment très-rapprochées. Ex. : le Blé, le Plantain. 

I^e chaton (fig. 119) se compose de fleurs unisexuées, naissant à l'aisselle 
de bractées plus ou moins écailleuses. Ex. : le Saule, le Bouleau, le Noyer. 

Le cône ou strobile (fig. 123) ne diffère du chaton que par ses bractées qui 
sont plus épaisses et plus dures. Ex. : le Pin, le Merisier. 

Le spadice (fig. 124) est formé par un axe charnu portant des fleurs sta- 
minées à sa partie supérieure et des fleurs pistillées à sa partie inférieure. 
3 



34 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

Dans les premiers temps, il est enveloppé dans une spathe (no. 39). et 
c'est à cette circonstance qu'il doit son nom. Ex. : le Pied-de-veau, l'Oi- 
gnon sauvage. 

La grappe (fig. 125) est une inflorescence dans laquelle le pédoncule 
porte des axes secondaires, appelés pédicelles, terminés par une fleur et tous 
à peu près de même longueur. Quand les axes secondaires se ramifient en 
axes tertiaires, la grappe est dite composée. Ex. : le Gadelier. 

La particule (fig. 126) est une grappe composée dont la largeur diminue 
de la base au sommet. Ex. : l'Avoine. 

Le thyrse est une grappe composée dont la largeur diminue du milieu 
aux extrémités. Ex. : le Lilas. 

Le corymbe (fig. 127) est une grappe simple ou composée dans laquelle 
les axes inférieurs atteignent le niveau des axes supérieurs et dont toutes 
les fleurs se trouvent en conséquence portées à la même hauteur. Ex. : le 
Millefeuille ou Herbe à dinde, la Tanaisie, le Cornouillier. 

Jj ombelle (fig. 128) ne diffère du corymbe que par la position de ses axes 
secondaires qui, au lieu de naître à différentes hauteurs, forment un verti- 
cille. Ces axes secondaires, appelés rayons de l'ombelle, portent quelque- 
fois une ombelle plus petite ou ombellule à leur extrémité, et l'ombelle 
devient alors composée. Ex. : la Carotte, le Panais. 

Le capitule est une inflorescence dont les fleurs sont réunies en tête : 
c'est un épi raccourci. Ex. : le Trèfle, la Eeine Marguerite, le Soleil, le Pis- 
senlit (fig. 129). 

On voit par les définitions précédentes que toutes les inflorescences 
indéfinies ne sont en réalité que des modifications de l'épi et de la grappe. 

63. Forme des inflorescences définies. — Les inflorescences définies portent 
le nom général de cymes. La cyme peut affecter la plupart des formes que 
nous venons d'étudier. On aura donc des cymes en grappe (Vigne), des 
cymes en panicule (Sureau), etc. Elle possède aussi des formes qui lui 
sont propres. Elle se nomme : 

âicothome (fig. 130) lorsque l'axe primaire se termine par une fleur placée 
entre deux feuilles ou deux bractées opposées, à l'aisselle desquelles s'é- 
lèvent deux axes secondaires qui se comportent comme l'axe primaire, et 
donnent naissance à des axes tertiaires etc., comme dans le Millepertuis ; 

scorpioïde (fig. 131) lorsqu'elle forme une grappe roulée en crosse, rappe- 
lant la queue du scorpion ; elle se compose alors d'une suite d'axes d'ordre 
différent qui naissent les uns des autres toujours du même côté (fig. 132) 
donnant ainsi naissance à une ligne brisée qui tend à revenir sur elle-même, 
comme dans la Cynoglosse et l'Héliotrope ; 

contractée (fig. 133) lorsque ses axes sont inégalement raccourcis, se rap- 
prochent et deviennent quelquefois nuls. On donne aussi à cette forme 7 
dont la Menthe nous offre un exemple, le nom de glomérule. 

CHAPITKE VII. 

LE FKUIT.. 

64. — Le fruit est un ovaire fécondé et parvenu à son entier développe- 
ment. Les parois de l'ovaire prennent, dans le fruit, le nom de péricarpe 
et les ovules fécondés celui de graines. 



ORGANOGKAPIIIE. 35 

65. Nature et forme du péricarpe. — Les feuilles carpellaires, qui consti- 
tuent les parois de l'ovaire dans la Heur, sont formées, comme les feuille» 
ordinaires, d'un tissu parenchymateux (no. 30), recouvert sur les deux 
faces par une membrane épidermique ; nous devons donc nous attendre à 
trouver dans le péricarpe trois parties distinctes : on appelle épicarpe celle 
qui correspond à l'épiderme extérieur des carpelles ; mésocarpe, celle qui 
correspond au parenchyme ; et endocarpe, celle que forme l'épiderme inté- 
rieur. La couleur, l'épaisseur et la consistance de ces trois* parties sont 
extrêmement variables, comme on pourra s'en convaincre par les exemples 
suivants. 

Dans la Cerise, la Prune et la Pêche, la peau qu'on enlève avec plus ou. 
moins de facilité est l'épicarpe ; la pulpe qu'on mange est le mésocarpe, et 
le noyau l'endocarpe. 

Dans la Pomme, l'endocarpe est ce tissu écailleux qui entoure les 
graines. 

Dans la Noix, l'épicarpe uni au mésocarpe forme cette enveloppe coriace 
qu'on nomme le brou, et l'endocarpe est le noyau qui renferme l'amande. 
Dans l'Orange, l'épicarpe et le mésocarpe constituent la peau épaisse qu'on 
rejette, et l'endocarpe est une membrane délicate qui entoure la partie 
comestible. Dans le Melon, l'épicarpe est à peine distinct ; le mésocarpe 
est cette couche charnue dont on^mange la partie intérieure, et l'endocarpe 
est réduit, comme dans l'orange, en une peau mince qui entoure les graines. 
Enfin, dans certains fruits le péricarpe tout entier est si mince et tellement 
adhérent à la graine, qu'il faut une observation attentive pour découvrir sa 
présence ; c'est ce qu'on observe dans le Blé. 

66. Induvies du fruit. — Nous avons supposé que le péricarpe est formé 
uniquement par les carpelles du pistil ; c'est là, en effet, le cas le plus ordi- 
naire : la fécondation des ovules opérée, les étamines se flétrissent et 
tombent, la corolle ne tarde pas à subir le même sort, et si le calice persiste 
plus longtemps, généralement il se dessèche et ne devient point partie 
intégrante du fruit. 

Il y a, cependant, des exceptions à cette loi générale. Un ou même plu- 
sieurs verticilles floraux peuvent se souder à l'ovaire fécondé, s'ils ne l'é- 
taient déjà, et prendre avec lui de l'accroissement : ce sont ces parties 
accessoires du fruit auxquelles on a donné le nom dHnduvies. La Pomme 
est un fruit induvié : le tube du calice est ici confondu avec l'épicarpe, et 
son limbe desséché forme au sommet du fruit ce que l'on nomme vulgaire- 
ment la mouche de la pomme. 

Ce que nous mangeons dans la Fraise n'est autre chose que le réceptacle 
de la fleur devenu succulent. A la surface de ce réceptacle se montrent 
des petits grains arrondis et secs : ces grains sont autant de fruits complets ; 
il y en a un nombre égal à celui des carpelles que renfermait la fleur du 
Fraisier. 

67. Modifications dans l'intérieur du péricarpe.— Les ovaires composés 
ne conservent pas toujours en mûrissant le nombre de loges qu'ils renfer- 
maient d'abord. Quelquefois des ovules, n'ayant pas été fécondés, se 
dessèchent, et la loge qui les contenait s'affaisse et disparaît. D'autres 
fois des cloisons se détruisent, diminuant par là même le nombre des 
loges. Mais dans quelques cas, c'est l'inverse qui a lieu : de fausses cloisons 



36 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

ge forment par des replis du péricarpe, et l'ovaire se trouve divisé en 
cavités plus nombreuses qu'auparavant. Il résulte de ces faits qu'on ne 
peut pas juger par l'inspection du fruit du nombre d'ovules et de loges 
que possédait l'ovaire avant la fécondation. 

Dans quelques fruits on aperçoit entre le péricarpe et la graine une 
matière pulpeuse provenant tantôt des placentas, tantôt de l'endocarpe, 
tantôt de la graine elle-même. C'est l'endocarpe qui donne naissance dans 
l'Orange aux cellules allongées et succulentes qui constituent la partie 
comestible de ce fruit. 

* 68. La graine. — Un fruit qui ne contient qu'une seule graine est appel»' 
monosperme ; celui qui en contient un petit nombre est appelé oliyosperme ; 
enfin, on donne le nom de polysperme à celui qui en referme plusieurs. 

La graine est généralement formée de trois parties : l'épisperme ou l'en 
veloppe, l'endosperme, plus connu sous le nom d'albumen, et l'embryon 
(fig. 134). 

L'albumen et l'embryon réunis constituent 1 amande, qui est la partie 
comestible du Blé, du Haricot, de la Noix et d'un grand nombre d'autres 
fruits. 

L'épisperme est généralement formé de deux membranes dont l'extérieure, 
qui est épaisse et colorée, porte le nom de testa. Ces membranes sont les 
mêmes qui couvraient le nucelle des ovules, mais elles se sont modifiées 
durant la maturation. 

L' albumen est une matière amylacée, destinée à nourrir la jeune plante 
jusqu'à ce qu'elle soit en état de puiser dans la terre les sucs nourriciers 
qui lui sont nécessaires. .Sa consistance varie suivant les opèees végétale^ : 
tantôt il est farineux et tantôt dur comme de la corne. 

L'albumen est très-dé veloppé dans le Blé ; c'est lui qui, sous l'action de 
la meule, donne la farine ; l'épisperme, confondu ici avec le péricarpe, forme 
le son, et l'embryon n'occupe qu'un espace restreint vers la base de la 
graine (fig. 143). 

L'embryon se nomme extraire ou intraire, selon qu'il entoure l'albumen 
(fig. 136), ou qu'il en est entouré (fig. 134). Dans plusieurs espèces de 
graines, dans celles du Pommier, par exemple, l'albumen fait défaut et il 
est alors remplacé dans ses fonctions par les cotylédons dont nous parle- 
rons un peu plus loin. 

JJ embryon est une plante en miniature dans laquelle on distingue une 
radicule ou petite racine, une tiyelle ou petite tige, et une yemmule ou 
bourgeon terminal d'où s'échapperont les premières feuilles. 

La plupart du temps, il est difficile de reconnaître ces diverses parties 
avant qu'elles ne se soient un peu allongées par la germination. 

Entre la radicule et la tigelle (fig. 17), on aperçoit une ou plusieurs 
feuilles modifiées, souvent épaisses, charnues, bombées à l'extérieur et 
légèrement creuses à l'intérieur: ce sont les cotylédons. C'est surtout 
dans les graines où l'albumen fait défaut que les cotylédons prennent un 
large accroissement, car alors ce sont eux qui doivent nourrir la jeune 
plante. L'orsqu'ils n'ont pas cette fonction à remplir, ils sont simplement 
membraneux. Leur position dans la graine, la manière dont ils sont 
plies, etc., fornissent d'excellents caractères pour la détermination des 
espèces; mais ces caractères, pour être bien saisis, exigent un œil sûr et 
bien exercé. 



ORGAVOORAPIïIE. 37 

69. Déhiscence du fruit. — Lorsque la graine est devenue apte à produire 
une nouvelle plante, elle doit trouver issue à travers le péricarpe qui 
l'avait protégée jusqu'à ce moment. 

C'est la décomposition du péricarpe qui met les graines en liberté dans 
les fruits à noyau et dans la plupart des fruits charnus : ces fruits, après 
maturation, se détachent de la plante, tombent sur le sol et ne tardent pas 
à se décomposer sous l'influence des agents chimiques. 

Les fruits secs, au contraire, s'ouvrent presque tous spontanément, et 
c'est à ce phénomène que s'applique le nom de déhiscence. 

La déhiscence s'opère par des moyens variés qu'il serait trop long de 
décrire en détail. Nous ne pouvons donner ici que quelques indications 
générales. 

Dans les fruits simples ou formés d'un seul carpelle, la déhiscence a lieu 
tantôt par la suture ventrale seule (fig. 105); tantôt par la suture ventrale et 
la suture dorsale à la fois (fig. 138): dans le premier cas, le péricarjDe ne 
forme qu'une seule valve, et dans le second il devient bi-valve. 

Ce que nous appelons ici suture ventrale est la ligne suivant laquelle sont 
soudés les bords du carpelle ; la suture dorsale longe le dos du carpelle et 
correspond à sa nervure médiane ; elle est généralement indiquée par une 
strie ou par une ligne saillante. 

Dans les fruits multiloculaires ou à plusieurs loges/provenant d'un ovaire 
composé, la déhiscence se fait selon trois modes principaux : on la nomme 
septifrage, lorsque les cloisons des loges se détachent du milieu des valves 
pour rester fixées au placenta (fig. 141) ; septicide, lorsque les cloisons se 
décollent en deux lames de manière à mettre en liberté les carpelles qui 
étaient soudés (fig. 140) ; loculicide, lorsque la rupture a lieu suivant la 
suture dorsale des carpelles (fig. 139). 

Très-souvent la déhiscence est à la fois septicide et loculicide ; le fruit 
ouvert présente alors un nombre de valves double de celui des carpelles 
(fig. 138). 

Enfin, la déhiscence est dite transversale ou horizontale, lorsque le péri- 
carpe s'ouvre transversalement en deux moitiés comme une boîte à savon- 
nette (fig. 142). 

La déhiscence de quelques fruits présente un curieux phénomène : les 
valves, au lieu de s'écarter lentement, se séparent par un mouvement 
brusque, comme si elles étaient mues par un ressort, et projettent les 
graines à une distance considérable. Le moindre frottement suffit pour 
déterminer une rupture de ce genre dans le fruit des plantes appartenant 
à la famille de« Balsaminées, et c'est ce qui a valu à l'une d'elle le nom 
d' impatiente ou de noli me tavgere. 



38 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

CLASSIFICATION DES FEUITS. 

70. Les fruits offrent des différences si variées qu'il est très-difficile d'en 
donner une classification méthodique. 

Nous empruntons le tableau suivant à la botanique de Kichard, et plu- 
sieurs des définitions qui le suivent à celle de M. Ed. Lambert. 

( 1 Cariopse. 
2 Akène. 



Fruits secs et indéhiscents < \ gamare" 6 ' 



5 Gland. 

Vrniffl 5AM / >. 6 Carcérale. 

fruits secs ^ ^ ? Pollicule# 

8 Silique. 

, 9 Silicule. 

Fruits secs et déhiscents \ 10 Gousse. 



\ i'iuhî oeuo et u'.'inayciuB \ iu vjtuusbo. 

Fruit, simple, / S Sffîk 



Elathéne. 

13 Capsule. 

14 Drupe. 

15 Noix. 

16 Nuculaine. 
\Fruits charnus < 17 Mélonide. 

Lts < * 18 Péponide. 

19 Hespéridie. 

20 Baie. 
Fruits multiples 21 Ss r ncarpe. 

22 Cône ou stro- 
bile. 

VFruits composés } ?3 Sorose. 

C 2-4 Sycone. 

71. Fruits simples. — Les fruits simples sont ceux qui proviennent d'un 
seul ovaire. Ces fruits peuvent être secs ou charnus. 

A. Fruits secs. — Parmi les fruits indéhiscents on distingue : lo le Cariopse 
(fig. 143), fruit monosperme dont le péricarpe mince adhère dans toute son 
étendue aux téguments de la graine (Blé) ; 2o Y Akène (fig. 144), fruit mo- 
nosperme dont le péricarpe mince n'adhère que par un point aux téguments 
de la graine (Sarrasin) ; le Polakène (fig. 145), fruit à plusieurs loges monos- 
permes, séparables les unes des autres et offrant chacune les caractères de 
l'akène (Capucine); la Samare (fig. 146), fruit uniloculaire muni d'une 
membrane en forme d'aile (Erable, Orme); le Gland (fig. 141 \ fruit unilo- 
culaire monosperme, entouré en tout ou en partie par une cupule (Chêne) ; 
la Carcérule, fruit pluriloculaire, polysperme (Tilleul). 

Les fruits secs déhiscents sont : lo la Follicule (fig. 137), fruit uniloculaire 
univalve et polysperme (Ancolie) ; la 2o Silique (fig. 14^), fruit biloculaire, 
bivalve, allongé (Chou) ; 3o la Silicule (fig. 149), fruit semblable à la silique, 
mais beaucoup plus court (Thlaspi) ; 4o la Gousse ou Légume (fig. 138), fruit 
uniloculaire, bivalve, allongé (Haricot). Parfois le légume est divisé trans- 
versalement en plusieurs articles, et prend alors le nom de Lomentum (fig. 
150). 5oLa Pixyde(jig. 142), fruitàdéhiscence transversale (Pourpier); 6o ME- 
lathérie (fig. 151), fruit pluriloculaire, à plusieurs côtes, se séparant à la 
maturité en autant de corps qui s'ouvrent longitudinalement et avec élasti- 
cité (Euphorbe réveille -mat in) ; 7o la Capsule (fig. 140), fruit sec déhiscent 
ne se rapportant à aucune des espèces précédentes (Molène). 



OKGAN'OGK.U'IIIE. 39 

B. Fruits charnus. — 1° la Drupe, fruit à mésocarpe succulent et dont l'en- 
docarpe forme un noyau (Cerisier) ; 2o la Noix, fruit à mésocarpe coriace 
et dont l'endocarpe forme un noyau (Noyer) ; 3o la Nuculaine, fruit à méso- 
carpe charnu, renfermant plusieurs noyaux (Cornouiller); 4o la Mélonide, fruit 
provenant de plusieurs ovaires simples réunis et soudés dans l'intérieur du 
tube calicinal qui devient charnu (Pommier) ; 5o la Péponide, fruit charnu à 
plusieurs loges monospermes, éparses au milieu de la pulpe (Melon) j 
60 V Hespéridie, fruit charnu dont l'enveloppe est très-épaisse, divisé inté- 
rieurement en plusieurs loges par des cloisons membraneuses et dont les 
loges sont remplies par une matière pulpeuse (Oranger) ; 7o la Baie, fruit 
charnu sans noyau, renfermant une ou plusieurs graines dans la pulpe 
(Vigne, Groseillier). 

72. Fruits multiples. — Les fruits multiples sont ceux qui résultent de la 
soudure de plusieurs ovaires appartenant à une même fleur. Ces fruits, que 
l'on nomme aussi syncarpés, peuvent être secs ou charnus : c'est à cette 
dernière catégorie que se rapporte la Framboise (fig. T54). 

73. Fruits composés OU agrégés. — Les fruits composés ou fruits agrégés sont 
ceux qui proviennent de la soudure de plusieurs ovaires appartenant à des 
fleurs différentes mais très-rapprochées. Ils sont de trois sortes : lo le Cône 
ou strobïle (fig. 152), fruit composé d'akènes ou de samares cachés dans l'ais- 
selle de bractées très-développées et dont l'ensemble a la forme d'un cône 
(Pin); 2o le Sorose (fig. 153), fruit composé de plusieurs fleurs soudées par 
l'intermédiaire de leurs enveloppes florales devenues charnues (Mûrier, 
Ananas) ; 3o le Sycone (fig. 155), fruit à enveloppes charnues, portant à l'in- 
térieur un grand nombre d'akènes ou de drupes provenant de fleurs pis- 
tillées (Figuier). 



COURS ELEMENTAIRE DE BOTANIQUE. 



PHYSIOLOGIE VEGETALE. 



74. Après avoir décrit les organes nourriciers et reproducteurs de3 plantes, 
nous devons faire connaître les fonctions propres à chacun d'eux, et mon- 
trer comment ils agissent pour produire les phénomènes vitaux dont ils 
sont le siège. Cette partie de la Botanique est appelée physiologie végétale 
ou étude de la vie dans les plantes. 



CHAPITRE I. 

NUTRITION. 

75. Aliments, — Pour se nourrir, les végétaux doivent puiser autour d'eux 
les matières diverses, qui, élaborées dans leurs organes, leur fourniront, 
d'un côté, les éléments de leur croissance, et, de l'autre, leur permettront 
de produire à l'intérieur de leurs cellules les substances de nature variée 
qui donnent à chaque espèce ses propriétés caractéristiques. 

Des expériences concluantes ont prouvé que les substances solides ne 
peuvent être absorbées dans leur état normal, quelque divisées qu'elles 
soient, et qu'elles ne peuvent s'introduire dans les tissus vivants et intacts 
qu'à la faveur de leur solution dans un liquide. Il faut donc que la terre 
arable, ce mélange de roches désagrégées et de débris organiques au sein 
duquel croissent les végétaux, subisse, pour devenir nutritive, une prépa- 
ration analogue à celle de la digestion alimentaire chez les animaux. 

L'air etFeau sont les agents qui interviennent dans cette préparation : 
l'oxygène de l'air attaque les détritus de végétaux et d'animaux qui s'accu- 
mulent à la surface du sol, les consume lentement et les transforme en 
acide carbonique, en ammoniaque et en d'autres substances liquides ou 
gazeuses; son action sur les roches a aussi pour résultat la formation de 
composés solubles renfermant du soufre, du phosphore, de la silice, de la 
potasse, de la chaux, etc. A mesure que ces matières prennent naissance, 
elles se dissolvent dans l'eau des pluies et pénètrent avec elle dans l'inté- 
rieur des racines. 

76. Les aliments ne font jamais défaut dans les régions incultes où des 
végétaux croissent spontanément. Là, en effet, chaque génération rend à 
la terre, en mourant, les substances qu'elle lui avait empruntées. Il en est 
tout autrement de nos prairies et de nos champs auxquels chaque année on 
enlève des récoltes : ils s'appauvrissent peu à peu et ne tardent pas à de- 
venir stériles, à moins qu'on ne leur rende, sous forme d'engrais, les éléments 
dont ils ont été dépouillés. 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 41 

Le labour, les assolements et les jachères sont des moyens que l'on emploie 
très efficacement pour prévenir l'épuisement des terres. 

Le labour ameublit le sol, le rend perméable à F air et à l'eau, en même 
temps qu'il amène à la surface des couches de terre que leur profondeur 
avait jusque-là soustraites à l'action des agents chimiques. 

L'assolement est l'art d'alterner convenablement les cultures. Il est fondé 
sur ce principe que toutes les plantes n'exigeant par les mêmes aliments 
pour prospérer, un terrain qui se refuse à la production d'une certaine 
espèce végétale, ne cesse pas pour cela d'être fertile pour les autres. Ainsi 
il est reconnu que le Trèfle et les Pois peuvent très-bien réussir là où la Bet- 
terave ne pousse que difficilement. La raison en est que la potasse, qui est 
l'aliment indispensable de la dernière plante, est remplacée dans les deux 
premières par de la chaux, comme on peut s'en convaincre en soumettant 
leurs cendres à l'analyse. 

La, jachère est le repos qu'on accorde à une terre trop épuisée pour que, 
même en variant la culture, elle puisse rémunérer le travail. On l'aban- 
donne à elle même pendant une ou plusieurs années, afin de laisser à l'oxy- 
gène le temps de préparer de nouveux aliments. 

77. Absorption. — L'absorption est l'acte par lequel les végétaux s'em- 
parent des matières propres à les nourrir et les font pénétrer dans leurs tis- 
sus. La racine est l'organe principal de cette fonction, mais toutes ses par- 
ties n'y concourent pas également. Haies, physicien anglais, ayant disposé- 
des plantes sur un bassin de manière à ne laisser plonger dans l'eau que les 
extrémités des radicelles ou les spongioles, vit ces plantes prospérer, au lieu 
qu'elles dépérissaient visiblement lorsqu'il maintenait leurs spongioles dans 
l'air, quoique tout le reste de la racine lût alors baigné par le liquide. 

Ce fait démontre que c'est par les spongioles que les sucs nourriciers de la 
terre s'introduisent dans les végétaux, et nous explique pourquoi la conser- 
vation plus ou moins parfaite de ces organes délicats exerce une si grande 
influence sur le succès des transplantations. 

Chaque fois que les jardiniers ont à enterrer des racines dont les radicelles 
ont trop souffert, ils ont soin de les raftaîchir, c'est à-dire d'en couper l'ex- 
trémité. Cette opération a pour but de mettre à nu les vaisseaux dont l'ou- 
verture béante permettra l'introduction des liquides nourriciers en atten- 
dant que de nouvelles spongioles se soient formées. C'est pour la même rai- 
son que les fleurs, qu'on fait plonger par leur pied dans un vase rempli d'eau, 
conservent leur fraîcheur bien plus longtemps, si l'on a eu la précaution de 
couper la partie inférieure des pédoncules. 

Les feuilles et les parties vertes de la tige contribuent dans une certaine 
mesure au phénomène de l'absorption, en s' emparant de la vapeur d'eau, de 
l'acide carbonique et des autres gaz contenus dans l'air. C'est même princi- 
palement par leurs parties aériennes que se nourrissent une foule d'acoty- 
lédones et certaines plantes grasses dont la racine est presque nulle. Nous 
rapporterons, à ce sujet, un fait très-instructif observé au Collège de Mon- 
tréal. Un bourgeon d'Aloës ayant été apporté en classe, pour servir à l'é- 
tude des tissus élémentaires, fut ensuite déposé dans un endroit sec, et là, 
sans recevoir le moindre arrosage, il continua à végéter pendant près de 
quatre ans, durant lesquels plusieurs feuilles se développèrent successive- 
ment. 

78. Mécanisme de l'absorption. — L'absorption des liquides par la racine 



42 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

est avant tout le résultat d'une action vitale ; on peut cependant l'expliquer 
en partie par l'intervention des forces physiques connues sous les noms de 
capillarité, d'endosmose et de succion. 

La capillarité est une attraction spéciale qui se manifeste dans les tubes 
d'un très-faible diamètre ou tubes capillaires. L'un de ses effets est d'élever 
le niveau des liquides qui mouillent les parois des tubes dont nous parlons. 
•C'est en vertu de cette attraction qu'un morceau de sucre qui n'est en con- 
tact avec l'eau que par quelques points, s'en imbibe entièrement, que L'huile 
monte dans la mèche des lampes, etc. Il est naturel de croire qu'un effet 
semblable doit se produire dans les racines végétales dont l'intérieur pré- 
sente une multitude de conduits capillaires formés par les vaisseaux, par les 
fibres ligneuses, par les méats intercellulaires, et qu'il suffit de mettre l'ex- 
trémitéde ces racines en contact avec l'eau pour que cette dernière s'y élève. 

Dutrochet a donné le nom à" endosmose à un phénomène découvert par lui 
et qui a lieu entre deux liquides d'inégale densité, lorsqu'ils ne sont séparés 
que par une membrane organique : on voit ces liquides se porter l'un vers 
l'autre jusqu'à ce qu'ils aient formé une masse de densité uniforme, mais 
avec cette circonstance que le courant s'établit principalement du liquide le 
moins dense vers le liquide le plus dense, par la raison, sans doute, que ce 
dernier éprouve une plus grande résistance à traverser la membrane. < h\ 
vérifie aisément ce fait en plongeant dans de l'eau pure une vessie remplie 
en partie d'un liquide nmcilagineux et surmontée d'un long tube de verre 
<fig. 156). Dans ces conditions, la vessie se gonfle graduellement, et, après un 
petit nombre d'heures, le liquide s'élève dans le tube à une hauteur de plu- 
sieurs pieds au-dessus de son niveau primitif. 

Si l'on considère maintenant que les spongioles des racines sont formées 
de vésicules membraneuses, remplies d'un liquide épais, on verra qu'elles se 
trouvent, par rapport à l'eau relativement limpide de la terre, dans les 
mêmes conditions que la vessie de l'expérience précédente, et que cette eau 
doit, par leur intermédiaire, monter dans les vaisseaux ou tubes qui les sur- 
montent. L'action endosmique n'est pas limitée aux spongioles ; elle peut, 
elle doit même s'étendre à toute la masse du tissu cellulaire, car chaque 
cellule qui a reçu par la racine un supplément de sève contient un suc plus 
délayé que celui des cellules supérieures et constitue avec elles un véritable 
appareil d' endosmose. 

La succion est une dernière force dont l'influence se fait particulièrement 
sentir au printemps. A cette époque du réveil de la nature, un travail 
immense s'opère, les bourgeons s'allongent, les feuilles et les fleurs se déve- 
loppent. La formation des nouveaux organes et l'évaporation active dont 
ils deviennent le siège, consument rapidement les sucs accumulés dans la 
plante durant l'automne et une partie de l'hiver. De là résulte dans les 
vaisseaux et les cellules, un vide, une sorte d'appel ou de succion qui déter- 
mine l'ascension de nouveaux liquides, à peu près comme en aspirant l'air 
d'un tube dont l'extrémité inférieure plonge dans l'eau, on force celle-ci à 
s'y élever. 

79 Circulation de la Sève. — La sève est le mélange de l'eau absorbée par 
les racines avec les sucs que ces dernières contenaient déjà. 

Nous avons vu tout à -l'heure comment ce liquide est poussé irrésistible- 
ment jusqu'au sommet de la plante. Arrivé dans les feuilles, il subit des 
transformations radicales qui le rendent assimilable, et ainsi élaboré, il 
revient, par un mouvement rétrograde, à son point de départ, tout en distri- 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALK. 43 

buant aux organes les matériaux nécessaires à leur développement. Ce sont 
ces mouvements consécutifs d'ascension et de descente qui ont été appelés 
improprement circulation de la sève. 

Dans les arbres de nos forêts et dans toutes les plantes qui possèdent un 
système ligneux et un système cortical distincts, la sève monte par le pre- 
mier de ces deux systèmes et redescend par le second. C'est un fait dont 
on peut se convaincre en examinant un tronc d'arbre fraîchement coupé : 
la section inférieure, celle qui est en relation avec la racine et vers laquelle, 
par conséquent, afflue la sève ascendante, se couvre de gouttelettes sur la 
partie ligneuse, tandis que la moelle et la zone corticale ne donnent lieu à 
aucun écoulement. 

L'inverse a lieu naturellement sur l'autre section, dont le bois demeure 
sec et dont l'écorce laisse échapper par la partie fibreuse la sève descen- 
dante ou élaborée. 

Outre le mouvement général dont nous venons de parler, la sève en pos- 
sède de particuliers que l'on désigne sous les noms de cy close et de rota- 
tion. 

La cyclose a lieu dans les vaisseaux laticifères. Ces vaisseaux, on se le 
rappelle, forment dans les feuilles et l'écorce des tiges un réseau compli- 
qué dont les différentes branches communiquent entre elles. Ils con- 
tiennent un suc très-élaboré, variable suivant les espèces végétales et sou- 
vent coloré, qui a été appelé latex. Les physiologistes ne sont point d'ac- 
cord sur le rôle du latex. Les uns pensent qu'il doit être considéré comme 
la sève élaborée ou sève descendante ; ce serait lui alors qui fournirait aux 
tissus tous les éléments de leur croissance. D'autres ne voient, au con- 
traire, dans le latex qu'une sorte de résidu ou ce qui reste de la sève élabo- 
rée après que la plante s'en est approprié les principes assimilables. Dans 
cette opinion, soutenue par Trécul, le grand physiologiste de notre époque, 
les laticifères seraient proprement les veines des végétaux et le latex une 
sorte de sang veineux destiné à être jeté de nouveau dans le torrent de la 
circulation pour aller reprendre, au contact de l'air, ses propriétés vivifi- 
antes. Quoiqu'il en soit de ces théories, il semble établi par de nombreuses 
expériences que le latex, au lieu de descendre directement, comme la sève 
contenue dans les fibres de l'écorce, parcourt lentement les laticifères et ne 
revient à la racine qu'après avoir décrit d'innombrables méandres. 

La rotation ou circulation intr a- cellulaire a lieu, comme son nom l'indique, 
dans l'intérieur des cellules. La sève, au lieu de traverser directement ces 
organes, en suit les parois et les contourne de manière à décrire indéfini- 
ment le même cercle. Cette rotation du fluide cellulaire n'a été observée 
que sur des plantes aquatiques et sur un très-petit nombre de plantes ter- 
restres, mais tout porte à croire qu'il est général. 

"C'est au printemps, dit Figuier, que les mouvements de la sève se font 
avec une grande activité. Alors, là plante est gorgée de matières nutritives 
qui s'étaient conservées en dépôt pendant l'hiver. Elle est pleine de 
liquides, et ces sucs s'écoulent et se répandent au dehors parla plus légère 
blossure. Au printemps la Vigne et les autres végétaux pleurent, selon 
l'expression pittoresque consacrée par l'usage. Mais lorsque les feuilles 
se sont développées, l'active évaporation qui se fait à leur surface entraîne 
les liquides à l'extrémité du végétal, d'où ils s'exhalent en vapeurs. Alors 
la Vigne et les autres plantes ne pleurent plus quand on les blesse. 

Quand les rameaux se sont développés et consolidés, le mouvement de 
la sève se ralentit. Il se réveille quelque fois vers la fin de l'été, lorsque, 



A\ COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

le. printemps ayant été hâtif, les matériaux que la plante avait préparés 
pour la végétation de l'année suivante sont prêts trop tôt, et mis prématu- 
rément en œuvre. Après la chute des feuilles et quand l'approche de l'hi- 
ver abaisse la température extérieure, le mouvement de la sève s'arrête 
totalement. L'arbre arrive peu à peu à un état de repos presque absolu, 
<|iii n'est pas la mort, mais l'attente du réveil." 

80. Transpiration et respiration. — La circulation amène la sève brute des 
racines, qui en ont puisé les matériaux dans le sol, jusqu'aux feuilles dans 
lesquelles le système continu et ramifié de tubes qui suivent toutes les ner- 
vures la répandent sur une large surface. Mais ce liquide est alors éminem- 
ment aqueux, et, dans cet état, il ne peut servir que très-imparfaitement à 
la nutrition des organes. Il faut donc que, d'un côté, il perde une portion 
notable de l'eau qu'il renferme en excès, de l'autre, qu'il s'enrichisse de 
matières puisées dans l'atmosphère, qui, modifiées sous l'influence vitale, 
le rendent plus substantiel et plus nutritif. Cette double modification est 
opérée en lui parla transpiration et la respiration. 

La transpiration varie naturellement avec les conditions atmosphériques. 
Un temps sec et une grande chaleur sont les causes dont l'influence se 
l'ait particulièrement sentir. La transpiration est si active durant certains 
jours d'été, que les plantes se fanent et qu'il devient nécessaire de les 
arroser, surtout si les racines ne sont pas assez développées pour atteindre 
jusqu'aux couches humides de la terre. Les arrosage- no suffisent même 
pas toujours pour préserver les végétaux des effets désastreux de la séche- 
resse, car il peut arriver que l'absorption des racines ne puisse pas suffire 
à réparer la perte éprouvée par les feuilles. Il ne reste alors d'autre 
ressource que de travailler à modérer l'évaporation en mettant les végé- 
taux à l'ombre lorsque cela est possible, ou mieux en arrosant leurs feuilles 
pour saturer d'humidité l'air ambiant. 

Entre les plantes et l'atmosphère qui les entoure, il s'opère constamment 
des échanges de gaz qui censtituent leur respiration. 

L'air s'introduit dans la sève par la surface entière des végétaux, mais 
plus spécialement par les innombrables stomates dont les feuilles sont 
pourvues. Les feuilles doivent être considérées comme des organes respi- 
ratoires : elles remplissent, dans la plante, le môme rôle que les poumons 
chez les animaux, et l'arbre qui en a été dépouillé ne peut plus ni s'ac- 
croître, ni fructifier. 

Plusieurs méthodes ont été employées pour étudier l'action de l'air sur 
la sève. L'une des plus simples consiste à faire végéter des plantes dans 
une atmosphère limitée que l'on a soin d'analyser avant et après l'expé- 
rience pour connaître les changements survenus. En opérant de la sorte, 
on est arrivé aux conclusions suivantes : lo. dans l'obscurité, les plantes 
al isorbent de l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique ; 2o. à la lumière, 
les organes colorés se comportent comme dans l'obscurité, mais les organes 
verts agissent inversement, c'est-à-dire qu'ils absorbent l'acide carbonique 
et dégagent de l'oxygène ; 3o. cette dernière action des parties vertes est 
de beaucoup prépondérante, et c'est elle qui représente le résultat définitif 
de la respiration végétale. 

L'acide carbonique est, comme on le sait, un gaz composé de deux 
atomes d'oxygène en combinaison avec un atome de carbone. Il prend 
n ûssance dans la respiration des animaux, dans la combustion de nos 
foyers, dans la décomposition des matières organiques, etc. Sa présenoo 



l'HYSIOr.OKIK VKCKTAr.K. 4") 

dans l'atmosphère deviendrait extrêmement nuisible s'il pouvait s'y accu- 
muler en quantités considérables, car il produit l'asphyxie. Mais, par 
une disposition toute providentielle, les végétaux s'en emparent, le 
décomposent, x'en approprient le carbone et remettent l'oxygène en 
liberté. 

La respiration produit donc simultanément doux effets de la plus haute 
importance : elle nourrit le végétal en lui procurant la presque totalité de 
son carbone ; elle assainit l'air en y jetant constamment de nouvelles 
quantités d'oxygène qui est l'élément vital par excellence. Des expé- 
riences récentes tendent à établir que l'oxygène expiré par les plantes, 
possède la modification particulière qui lui fait donner le nom d'ozone. 
s'il en est ainsi, comme il est d'ailleurs admis généralement que l'ozone 
exerce une influence très-salutaire sur la santé, on ne saurait trop recom- 
mander de faire des plantations d'arbres autour des habitations. 

81. Assimilation et sécrétion. — Pendant que la sève élaborée, le cambium 
de quelques auteurs, est ramenée vers la racine, les sucs qu'elle contient 
sont absorbés latéralement par les divers organes qui se les assimilent, 
c'est-à-dire les changent en leur propre nature. En même temps, des 
substances variées, solides ou liquides, sont sécrétées dans les cavités 
cellulaires et mises en réserve pour des usages ultérieurs. Il y a donc à 
considérer, dans le végétal, les matières qui constituent les tissus et 
d'autres matières qui sont simplement déposées dans les cavités que 
circonscrivent ces tissus. Nous allons passer rapidement en revue celles 
qui offrent le plus d'intérêt. 

82. Principes organiques. — Un grand nombre de substances organiques, 
composées exclusivement d'oxygène, de carbone et d'hydrogène, portent 
le nom de principes ternaires; d'autres, qui contiennnent en outre de 
l'azote, sont dites quaternaires. * 

Parmi les principes ternaires les plus importants et les plus répandus, 
nous signalerons la cellulose, l'amidon, ladextrine, les sucres, les gommes, 
le ligneux, les résines, les huiles essentielles, les huiles fixes et divers 
acides. 

La cellulose se compose approximativement de 49 parties en poids 
d'oxygène, pour 6 d'hydrogène et 45 de carbone. C'est elle qui constitue 
l'enveloppe des cellules, des fibres et des vaisseaux, .et par conséquent, la 
charpente même du végétal. 8a souplesse quand elle est pure, sa ténacité, 
son inaltérabilité au contact de la plupart des acides et des alcalis 
étendus, la rendent précieuse pour la confection des cordages, de la toile 
et du papier. 

L' 'amidon diffère de la cellulose par sa structure granulaire et sa moindre 
cohésion qui le rendent propre à la digestion et en font l'une de*s bases les 
plus importantes de notre alimentation. On le trouve en dépôt dans les 
cellules des graines, des racines et des tubercules. La grosseur des grains, 
leur forme, leur consistance, varient suivant la plante qui les a sécrétés. 
L'amidon qu'on extrait des céréales est celui qui a le plus de valeur. La 
fécule de Pomme-de-terre, l'arrow-root, le tapioca, le sagou, etc., ne sont 
que des variétés d'amidon. 

Il se forme dans les végétaux, aux dépens des matières azotées, un fer- 
ment très-actif, appelé diastase, qui a pour effet de convertir l'amidon 
d'abord en dextrine, matière analogue à la gon*me, puis en diverses sub- 



46 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

stances sucrées connues sous les noms de glucose, de sucre de fruits et de sucre 
cristallisable. C'est cette dernière espèce de sucre qu'on emploie dans l'éco- 
nomie domestique. Il existe dans la sève de plusieurs végétaux, et notam- 
ment dans celle de l'Erable à sucre, de la Canne à sucre, du Maïs et de la 
Betterave. 

Les gommes se distinguent par la propriété qu'elles possèdent de se dis- 
soudre dans l'eau et de lui communiquer une viscosité dite gommeuse. Les 
plus connues sont la gomme arabique, la gomme adragante et la cérasine, 
qui découle du Cerisier et d'autres arbres fruitiers. 

Toutes les matières dont nous venons de parleront la même composition 
élémentaire, à l'exception des sucres qui résultent de la combinaison de la 
dextrine avec une, deux, ou bien quatre molécules d'eau. 

Une augmentation dans la quantité du carbone et de l'hydrogène pro- 
duit le ligneux, matière dure et cassante qui s'incruste dans l'intérieur des 
cellules, des fibres et des vaisseaux à mesure que la plante vieillit. Les 
arbres où prédominent ces incrustations sont les plus recherchés, soit comme 
bois de chauffage, soit comme bois de construction. 

Les résines s'écoulent del'écorce d'un grand nombre d'arbres appartenant 
pour la plupart à la famille des Conifères ou à celle des Térébinthacées : ce 
sont des substances insolubles dans l'eau et très-inflammables à cause de la 
grande proportion de carbone et d'hydrogène qu'elles contiennent. Par 
l'exposition à l'air, elle s'oxydent, deviennent dures et cassantes. On«en 
distingue de trois sortes : lo les résines liquides ou baumes ; 2o les résines 
solides, telles que la colophane et la laque ; 3o les gommes résines, qui 
tiennent le milieu, comme leur nom l'indique, entre les résines proprement 
dites et les gommes. Parmi ces dernières on remarque l'assa-fœtida et 
l'encens. Le Baume du Canada, qui est si employé, provient du Sapin blanc 
{Abies balsamifera). 

Le caoutchouc et la gutta-percha, que l'on extrait du suc laiteux de quel- 
ques arbres propres aux régions tropicales, ont été longtemps classés parmi 
les résines. Une étude plus approfondie a montré que ce sont des carbures 
d'hydrogène, c'est-à-dire des composés dans lesquels il n'entre que du car- 
bone et de l'hydrogène. 

Certaines plantes de nos climats, la Laitue, l'Euphorbe, le Cotonnier (.4s- 
clepias Cornuti), contiennent des principes analogues au caoutchouc. 

Les plantes odorantes doivent leurs parfums à des essences volatiles. 
C'est principalement dans les fleurs et les fruits que l'on rencontre ces 
huiles essentielles, souvent aussi dans les feuilles et les tiges, plus rarement 
dans la racine. Les plantes fournissent encore d'autres huiles qui n'é- 
mettent point de vapeurs comme les essences et que pour cette raison on 
appelle huiles fixes. On les extrait en grande quantité des graines de Lin, 
de Chanvre, de Hêtre, de Noyer et de plusieurs autres plantes. 

Des acides se rencontrent dans toutes les parties des végétaux, surtout 
dans les fruits, auxquels ils communiquent cette saveur fraîche et piquante 
que tout le monde connaît. Ils sont généralement combinés à des bases 
minérales ou végétales avec lesquelles ils forment des sels qui restent en 
dissolution dans la sève ou se déposent, sous forme de cristaux, dans des 
cellules spéciales. Comme exemples d'acides végétaux, nous citerons les 
acides acétique, tartrique, oxalique, pectique, citrique, tannique, dontT usage 
est très-répandu. 

Les principes azotés ou quaternaires ne sont ni moins nombreux, ni 
moins importants que les principes ternaires. L'un d'eux, nommé protéine» 



TIIYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 47 

donne naissance, en se combinant avec du soufre, du phosphore et quelques 
sels, à l'albumine, la glutine, la fibrine, la caséine, etc., matières que l'on 
retrouve dans le sang de l'homme et des animaux et aux dépens desquelles 
se forment leurs organes. 

D'autres principes quaternaires se comportent comme les alcalis, c'est- 
à-dire qu'ils peuvent, en se combinant avec les acides, constituer de véri- 
tables sels. Cette propriété leur a valu le nom d' alcaloïdes. Leur saveur est 
ordinairement acre et amère ; leur action sur l'économie animale est éner- 
gique. Employés en petites doses, ils deviennent souvent des médicaments 
précieux ; mais si on les administre en quantités un peu considérables, ils 
se comportent comme de véritables poisons. C'est à ce groupe de compo- 
sés qu'appartiennent la quinine, fébrifuge excellent que l'on extrait de 
l'écorce du Quinquina 5 la nicotine, la morphine et la strychnine, qui proviennent, 
la première du tabac, la seconde de l'opium et la troisième de la noix vo- 
mique; la caféine ou théine, que l'on obtient en faisant infuser dans de 
l'eau chaude les fruits du Caféier et les feuilles du Thé. 

La chloroplville est un autre principe quaternaire qui joue un rôle impor- 
tant dans la végétation. C'est elle qui, vue par transparence à travers la 
paroi des cellules, donne aux feuilles et aux jeunes rameaux leur couleur 
verte. La lumière est nécessaire à sa formation, car l'on remarque que les 
plantes qui croissent dans l'obscurité sont complètement blanches. Aux 
yeux de plusieurs botanistes, les diverses teintes des végétaux ne sont que 
des modifications de la chlorophylle. 

83. Excrétions. — Dans l'examen que nous venons de faire des principes 
organiques, nous avons vu que plusieurs d'entre eux, comme les résines, les 
gommes, les essences, sont exsudés ou exhalés parles végétaux. On nomme 
excrétions les matières ainsi rejetées par l'organisme. Ces matières sont 
généralement nuisibles aux plantes qui les produisent et rendent le sol im- 
propre à leur culture, lorsqu'elles s'y accumulent. 

On sait qu'une plante cultivée plusieurs fois de suite dans le même champ 
donne des produits de moins en moins abondants 5 qu'un arbre ne prospère 
point là où a vécu un autre arbre semblable ; enfin, que certaines plantes 
paraissent se plaire ensemble, tandis que d'autres ne se voient jamais dans 
les mêmes lieux. Plusieurs physiologistes ont attribué ces faits aux ma- 
tières excrétées par les racines, qui seraient un poison pour quelques espèces 
et un aliment pour d'autres. Cette explication est aujourd'hui générale- 
ment rejetée, parce qu'elle n'est basée que sur quelques faits isolés et sus- 
ceptibles d'une autre interprétation. Si les plantes ne croissent pas égale- 
ment bien partout, c'est qu'elles ne trouvent pas dans tous les endroits les 
principes particuliers nécessaires à leur développement, comme nous l'a- 
vons dit en parlant des assolements (no. 76). 

84. Nutrition comparée des animaux et des plantes.— Il y a des analogies, 
mais aussi beaucoup de différences entre la nutrition des animaux et celle 
des plantes : 

lo Les animaux ne peuvent se nourrir que de matières ayant eu vie et 
provenant par conséquent d'autres animaux ou des végétaux ; les plantes 
se nourrissent de matières inorganiques, telles que l'acide carbonique, 
i'ftau, la chaux, etc. 

2o Les animaux digèrent leurs aliments, c'est-à-dire qu'ils leur font subir 



48 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

dans l'estomac et les intestins une préparation en vertu de laquelle les 
principes nutritifs se séparent sous forme d'un liquide blanc comme le lait, 
le chyle, pendant que les matériaux inutiles sont rejetés de l'organisme : les 
plantes trouvent leurs aliments tout préparés dans la terre et ne possèdent 
point d'appareil digestif. 

3o L'absorption se fait chez les animaux au moyen de villosités qui 
tapissent l'intestin; la même fonction s'opère chez les plantes au moyen 
des radicelles qui les mettent en communication intime avec le sol. 

4o Chez la plupart des animaux, le sang est contenu dans un système de 
veines et d'artères qui se ramifient indéfiniment dans les membres, et ce 
sang est mis en mouvement par un muscle d'une grande puissance appelé 
le cœur ; chez le plus grand nombre des plantes, on trouve aussi des fibres 
et des vaisseaux qui sont comme leurs veines et leurs artères, mais le cœur 
fait défaut; leur sang, appelé sève, est mis en circulation par l'endomose, la 
succion, la capillarité et d'autres forces inconnues. 

5o Les animaux se débarrassent, par les pores de la peau et par les pou- 
mons, de l'excès d'eau que renferme leur sang 5 les plantes exhalent de 
même, par toute leur surface mais surtout par les feuilles qui leur servent 
de poumons, une abondante transpiration. 

60 II est nécessaire pour les animaux de respirer, c'est-à-dire de vivifier 
leur sang au contact de l'air; dans cet acte ils absorbent de l'oxygène et 
rejettent de l'acide carbonique. La respiration n'est pas moins nécessaire 
aux plantes, qui meurent asphyxiées quand cette fonction est entravée ; 
mais elles respirent à l'inverse des animaux, c'est-à-dire qu'elles absor? ent 
l'acide carbonique et rejettent l'oxygène. 

7o Enfin, les animaux, en s'assimilant les matières qui forment le sang, 
réparent les pertes continuelles qu'éjnouvent leurs organes et, dans une 
certaine période de leur existence, prennent de l'accroissement ; ils sont 
munis de glandes, telles que les glandes lacrymales, les glandes salivaii es, 
le foie, etc., où sont élaborés des principes qui devront plus tard servir à des 
fonctions vitales ; d'autres glandes, comme les reins, servent à extraire du 
sang les matériaux nuisibles. Les plantes s'accroissent de la même ma- 
nière aux dépens de la sève ; dans certaines cellules, elles sécrètent de 
l'amidon et d'autres substances qu'elles mettent en réserve pour des be- 
soins ultérieurs, et enfin elles se débarrassent, par voie d'excrétion, de tous 
les résidus inutiles ou nuisibles. 



CHAPITRE IL 

REPRODUCTION. 

85. La conservation indéfinie des espèces chez les êtres vivants repose 
uniquement sur la faculté qui leur a été donnée de se reproduire, c'est-à- 
dire de donner naissance à d'autres êtres qui leur ressemblent et qui, à 
leur tour, revivront dans leur descendance. En effet, tout individu doué 
de la vie naît, se développe pour atteindre l'apogée de son énergie vitale, 
s'affaiblit ensuite et meurt. Les végétaux doivent donc se reproduire sous 
peine de disparaître à une époque plus ou moins éloignée, mais certaine. 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 49 

Cette reproduction peut se faire de deux manières : par bourgeons et par 
semences. Ce n'est qu'exceptionnellement que la nature emploie le pre- 
mier mode, et il n'est aucune espèce végétale qui ne soit pourvue de 
semences propres à la multiplier. 

10. REPRODUCTION PAR BOURGEONS. 

86. Nous savons que des bourgeons naissent régulièrement à l'extrémité 
des rameaux et à l'aisselle des feuilles. Tout point de la surface végétale 
a aussi le pouvoir latent d'en produire, lorsqu'il se trouve placé dans des 
conditions favorables. 

Que sont ces bourgeons, ou les rameaux qui en proviennent, sinon des 
végétaux qui croissent sur la mère-plante et en tirent leur nourriture ? Il 
suffirait donc, pour en faire autant d'êtres distincts, vivant d'une vie propre, 
de les détacher et de leur fournir une autre source d'alimentation. Cette 
opération s'accomplit naturellement dans un grand nombre de circon- 
stances et par des voies différentes dont le Fraisier, le Lis bulbifère, la 
Pomme-de-terre et la Cuscute nous offrent des exemples familiers. 

Le Fraisier (fig. 21) émet latéralement des jets ou coulants qui tombent 
sur la terre par leur propre poids et y prennent racine, pendant qu'une 
rosette de feuilles se produit au-dessus du point où les racines ont poussé. 
Plus tard, les coulants se flétrissent, se désarticulent, et les touffes enraci- 
nées deviennent autant de pieds distincts. 

Les bulbiles que le Lis bulbifère porte sur ses rameaux sont, comme 
nous l'avons vu à l'article des bourgeons, de petites masses charnues for- 
mant une sorte de transition entre le bourgeon ordinaire et la graine. Il 
suffit que ces bulbiles tombent dans une terre fertile pour qu'ils produisent 
une plante semblable à celle qui leur a donné naissance. Les caïeux des 
rhizomes bulbeux jouissent de la même propriété. 

La Pomme-de-terre est ainsi appelée à cause des tubercules, plus ou 
moins semblables à une pomme, qui naissent sur divers points de son 
rhizome. Ces tubercules se détachent de la mère-plante à la maturité, et 
lorsque le printemps vient ranimer la végétation, on voit leurs yeux, véri- 
tables bourgeons, s'allonger en une tige qui vit d'abord aux dépens de la 
fécule mise en réserve dans les cellules, puis émettre des racines qui s'en- 
foncent dans le sol. Chaque tubercule donne ainsi naissance à une ou plu- 
sieurs plantes nouvelles. 

La Cuscute est un végétal parasite, c'est-à-dire qui puise sa nourriture 
sur d'autres végétaux. 8a tige est filiforme et entièrement dépourvue de 
feuilles. On voit cette tige, après qu'elle s'est élevée à une certaine hau- 
teur au-dessus de terre, enrouler ses rameaux, armés de nombreux suçoirs, 
autour des plantes voisines dont elle s'approprie les sucs. Chaque rameau 
ainsi enroulé peut être détaché de la mère-plante ou s'en détache même 
seul, sans qu'il ait à en souffrir. C'est désormais une plante complète, pou- 
vant se suffire à elle-même, fleurir, fructifier et se reproduire. 

87. Les modes de reproduction artificielle connus sous les noms de 
marcottage, de bouturage et de greffe, ne sont qu'une imitation des procé- 
dés employés par la nature dans les exemples que nous venons de citer. 

Pour faire une marcotte, on plie une branche, tenant à la mère-plante, de 
manière que son extrémité plonge dans la terre ou dans un vase rempli de 
terre. La partie enterrée pousse bientôt des racines qui suffisent pour la 
4 



60 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTRNIQUE. 

nourrir et permettent de la détacher de sa tige. On multiplie ainsi très- 
fréquemment les Œillets et la Vigne. 

La bouture est un rameau complètement séparé de la mère-plante dont 
on enfonce l'extrémité dans le sol. Dans ces conditions, il se développe 
des racines sur la partie inférieure et des bourgeons foliacés sur la partie 
supérieure. Le Saule, le Peuplier, le Groseiller et, en général, tous les 
arbres ou arbrisseaux à croissance rapide se reproduisent facilement par 
bouture. 

Au lieu de mettre le rameau, dont on veut faire un végétal distinct, en 
rapport immédiat avec la terre, on peut l'appliquer sur un autre végétal 
avec lequel il puisse se souder et qui soit de nature à lui fournir les matières 
nécessaires à son alimentation. Ce rameau prend alors le nom de greffe, et 
j' arbre qui le reçoit, celui de sujet ou de sauvageon. 

Quelle que soit la méthode employée pour greffer, il est indispensable d'u- 
nir intimement les tissus similaires du sujet et de la greffe, c'est-à-dire de 
les disposer liber contre liber, aubier contre aubier, en ayant soin d'assurer 
le contact au moyen de ligatures (fig. 157). Leur soudure ne s'opérera qu'à 
cette condition. Il faut, en outre, qu'il existe une certaine analogie dans 
la structure anatomique de ces tissus, dans la nature de leur sève et dans 
leurs conditions physiologiques. C'est ce qui explique pourquoi la greffe 
réussit si rarement entre plantes qui ne sont pas de même espèce, entre 
plantes dont l'une est herbacée et l'autre ligneuse ou entre lesquelles il 
e xiste une trop grande disproportion de taille. 

La greffe est une des opérations les plus importantes de x'norticulture. 
Par elle on parvient à conserver une foule de variétés qui ne se reprodui- 
raient que très-difficilement par graines. C'est par elle aussi que les jardi- 
niers changent avec avantage les produits d'un végétal en ceux d'un autre 
végétal de même espèce, lui font porter des fleurs et des fruits différents de 
ceux qui sont propres à la tige principale, enfin qu'ils rajeunissent un arbre 
ou un arbrisseau déjà usé. 

2o REPRODUCTION PAR GRAINES. 

88. Fécondation. — La fécondation est la fonction par laquelle le pollen, 
mis en contact avec l'ovaire, détermine dans l'ovule la formation de l'em- 
bryon. " L'anthère des étamines, dit Duchartre, restée close jusque vers 
le moment où le pollen atteint son état parfait, s'ouvre alors de diverses 
manières, et permet ainsi aux grains généralement libres du pollen de se 
laisser emporter par l'agitation de l'air, par les insectes, etc., jusque sur le 
stigmate du pistil, que l'état humide de sa surface rend parfaitement apte 
à le retenir et à exercer sur lui une action toute spéciale. Sous l'influence 
de cette action qui n'est pas l'une des moindres merveilles de la vie végé- 
tale, chaque grain de pollen présente un phénomène que, sans trop de har- 
diesse, on a pu appeler une sorte de germination : il s'allonge en un tube 
très-délié, fermé à son extrémité, dans lequel se porte le liquide fécondant 
ou fovilla, qui le remplissait; ce tube (fig. 153) s'insinue entre les cellules 
du stigmate laissé à découvert par une lacune de l'épiderme général de la 
plante; il s'allonge graduellement, grâce à une nutrition locale dont il 
puise les éléments autour de lui, et il arrive ainsi jusque dans la partie infé- 
rieure du pistil, c'est-à-dire dans l'ovaire, dont la cavité renferme les ovules 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 51 

auxquels son action mystérieuse va imprimer une vie nouvelle qui en fera 
des graines." 

Des expériences très-nombreuses prouvent que, dans les plantes cotylé- 
donées, aucun ovule ne peut passer à l'état de graine féconde, sans avoir 
subi l'influence vivifiante du pollen ; en d'autres termes, il ne peut y avoir 
reproduction par graines sans fécondation préalable. On s'explique ainsi 
pourquoi les arbres fruitiers, le Blé, la Vigne, etc., restent stériles lorsque 
des pluies trop abondantes, survenues au moment de la déhiscence des 
anthères, entraînent le pollen à terre avant la fécondation des ovaires. 

89. Hybridation. — Une plante peut être fécondée par le pollen d'une 
autre plante dont elle diffère comme espèce ou du moins comme variété, et 
de cette fécondation croisée résulte un être nouveau, un hybride, intermé- 
diaire entre ses deux parents et participant aux caractères de l'un et de 
l'autre. C'est en utilisant ce curieux phénomène physiologique, en répan- 
dant le pollen d'une fleur sur une autre, que les horticulteurs sont parve- 
nus à créer cette multitude de formes nouvelles qui se recommandent, les 
unes par leur beauté, les autres par les qualités distinguées de leurs pro- 
duits. 

90. Dissémination des graines. — Pour assurer la perpétuité des espèces et 
leur distribution régulière sur la surface du globe, il fallait que les graines, 
après leur maturité, fussent transportées à des distances plus ou moins 
considérables. La Providence a pourvu à leur dissémination par des moyens 
aussi admirables que variés. 

Certaines plantes, comme les Balsamines et les Géraniums, ont leurs 
fruits munis de valves élastiques qui se détachent brusquement, se dé- 
tendent comme un ressort et lancent au loin les graines qu'elles renfer- 
maient. 

Les courants d'air sont de puissants agents de dissémination : ils em- 
portent les semences légères et vont les déposer sur les montagnes, les 
édifices, et jusque dans le fond des cavernes. Plusieurs espèces de fruits, 
ceux de l'Erable, de l'Orme, du Frêne, du Pin, par exemple, sont munis 
d'ailes membraneuses qui donnent beaucoup de prise au vent ; un certain 
nombre se terminent par des aigrettes et d'autres sont surmontés par une 
sorte de chevelure ou de plumet, comme dans le Saule et le Peuplier. 

On voit des fruits, trop lourds pour être enlevés par les efforts du vent, 
accomplir de longs voyages sur les eaux des fleuves et des rivières qui les 
entraînent. Les courants marins répandent aussi au loin certaines plantes 
qui pour la plupart sont pourvues de semences à enveloppe très-résistante. 
Il est bien établi que plusieurs espèces végétales qui croissent aujourd'hui 
sur les plages d'Afrique, ont été amenées là du Brésil et de la Guyane, par 
le grand courant qui naît sur la côte orientale de l'Amérique du Sud. 

Les animaux concourent amplement à la dispersion des semences. Les 
Ecureuils et d'autres rongeurs approvisionnent de fruits leur demeure sou- 
terraine, et une partie de leurs rapines, souvent oubliée sous le sol, y germe 
et s'y développe au retour du printemps. D'autres mammifères travaillent 
à la disséminatien par des procédés encore plus simples : les semences 
s'accrochent à leur toison et sont transportées çà et là par eux, dans leurs 
pérégrinations. Les fruits de la Bardane, du Gratteron, de l'Aigremoine, 
du Cerfeuil des bois, et une foule d'autres, sont tei minés à cet effet par 



52 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

des poils en forme d'hameçon qui leur permettent de s'accrocher aux poils 
des animaux ou aux vêtements qui viennent les frôler. 

Si les animaux consomment pour leur nourriture une fort notable quan- 
tité de semences, par une heureuse compensation, leurs déprédations de- 
viennent une source inépuisable de régénération, car très-souvent la pulpe 
seule des fruits est attaquée, et les graines, rebelles à la digestion, se 
retrouvent intactes dans leurs excréments. Le Gui, si célèbre dans l'an- 
cienne Gaule et qui est une plante parasite du Chêne et d'un petit nombre 
d'autres arbres, ne se reproduit que par l'intermédiaire des Grives, qui sont 
extrêmement avides de ses fruits. 

L'homme doit être considéré lui-même comme un des grands agents de 
la dissémination végétale. Indépendamment des efforts qu'il a faits pour 
naturaliser les espèces utiles dans les contrées où elles ne croissent pas 
d'elles-mêmes, ses vaisseaux et ses caravanes, en franchissant l'Océan et les 
déserts, transportent à son insu des semences et des plantes qui envahissent 
des pays nouveaux. 

Le Canada possède aujourd'hui un grand nombre de végétaux originaires 
de l' Ancien-Monde, et sa flore s'enrichit chaque année d'espèces nouvelles. 
^Réciproquement, certaines plantes originaires du Canada peuplent mainte- 
nant des régions entières de l'Europe. La Vergerolle du Canada (Erigeron 
Ca?iadense), qui infeste tout le nord de la France, y a été apportée, dit-on, 
au dix-septième siècle, dans une caisse d'emballage. 

91. Germination. — La germination est le développement de l'embryon 
contenu dans les graines ; elle ne peut s'accomplir que par le concours de 
circonstances dépendant de la graine elle-même et des influences extérieures. 

C'est au moment où le fruit se détache spontanément de la plante, que 
les graines possèdent toute leur puissance de germination : semées plus tôt 
ou beaucoup plus tard, elles demeureraient stériles. L'espace de temps 
pendant lequel elles conservent la propriété de germer varie selon les 
espèces. Il est d'un grand nombre d'années pour le Blé et pour la plupart 
des Légumineuses, et de quelques jours seulement pour l'Orme et le Café. 

La chaleur, l'humidité et l'air sont les agents extérieurs qui déterminent 
le développement des germes. 

Il est reconnu que toute semence reste inactive au-dessous de Oo et au- 
dessus de 50o centigrades. La température la plus favorable est celle qui 
tient le milieu entre ces extrêmes. L'humidité est nécessaire pour ramollir 
les tissus et pour dissoudre les substances alimentaires de la graine, qui ne 
peuvent être absorbées, comme nous le savons, qu'à l'état liquide. 
L'oxygène de l'air attaque les enveloppes des fruits indéhiscents, les dé- 
compose et met ainsi les graines en liberté ; il agit sur l'amidon de la 
graine elle-même pour le transformer en matières sucrées, assimilables. 

La graine, une fois déposée à une faible profondeur dans la terre, et sou- 
mise à la triple influence dont nous venons de parler, subit une décomposi- 
tion rapide : ses téguments se déchirent pour livrer passage à l'embryon; 
son albumen se transforme en une émulsion sucrée, analogue au lait, pour 
le nourrir ; et, circonstance qui dénote l'œuvre d'une Providence infiniment 
sage, la réserve de nourriture accumulée autour de la jeune plante dure 
exactement le temps qu'il faut à celle-ci pour produire des racines et les 
premières feuilles, en un mot pour pouvoir se suffire à elle-même. 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 53 

3o REPRODUCTION PAR LES SPORES. 

92. Les plantes acotylédones, comme nous l'avons fait observer au com- 
mencement du traité, ne produisent point de fleurs proprement dites, ni 
rien qui ressemble à des graines. Leurs semences sont des corps arrondis, 
analogues aux bulbiles, mais infiniment plus petits : on leur a donné le nom 
de spores (fig. 170). 

On s'est assuré que les spores des Fougères, une fois tombés dans une 
terre convenable, se développent et donnent naissance à un petit végétal, 
de durée tout-à-fait transitoire, qu'on a appelé le prothallium. Sur ce 
prothallium 'apparaissent deux sortes d'organes : les anthéridies et les 
archégones. Les premiers sont analogues aux anthères et les seconds aux 
ovaires des plantes cotylédonées. 

Des anthéridies on voit s'échapper des petits filaments animés de mouve- 
ments rapides qui pourraient les faire prendre pour des animalcules micros- 
copiques et que, pour cette raison, on a appelés anthérozoïdes-, ces filaments 
finissent par se fixer sur d'autres corpuscules renfermés dans les archégones 
et la fécondation est alors opérée. Après cette série d'actes le prothallium 
se flétrit et disparaît, tandis que les archégones fécondés prennent de l'ac- 
croissement et produisent une nouvelle Fougère. 

Des phénomènes analogues ont été observés sur les Prêles et quelques 
autres acotylédones; mais on ignore complètement comment s'opère la 
fécondation de la plupart des plantes de cette classe, ou si même elle existe. 



CHAPITRE III. 



TENDANCES ET MOUVEMENTS. 



93. La tendance que montrent divers organes à se porter dans une direc- 
tion déterminée, les mouvements que d'autres exécutent en obéissant à 
l'excitation d'agents extérieurs, sont des phénomènes du plus haut intérêt, 
dont l'étude appartient à la physiologie. 

94. Direction de l'axe végétal. — La généralité des tiges tend à monter 
verticalement vers le ciel, tandis que la racine se dirige vers le centre de 
la terre. Toutes les tentatives qu'on a faites pour modifier ces tendances 
ont échoué ; des plantes qu'on avait mises dans une position renversée se 
sont repliées sur elles-mêmes et ont repris leur direction première. 

Certains agents peuvent cependant faire dévier notablement ces organes 
de la ligne verticale. 

•La tige est particulièrement sensible à l'action de la lumière. On est 
surpris dans une foule de cas, spécialement pour les plantes cultivées dans 
une chambre, de la promptitude avec laquelle les rameaux en voie de 
développement s'inclinent vers l'ouverture par où le jour arrive. M. Grimard 
cite, dans son livre sur la botanique, l'histoire d'une Clandestine écailleuse 
qui, ayant germé au fond d'une mine, s'est élevée à la prodigieuse hauteur 
de cent vingt pieds pour se porter vers la lumière, elle qui, dans les condi- 
tions normales, n'a jamais que cinq ou six pouces d'élévation ! 



54 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE 

Si la lumière exerce une sorte d'attraction sur les organes destinés à 
vivre dans l'atmosphère, elle reste sans action sur la racine qui, dans l'im- 
mense majorité des cas, a été créée pour rester dans le sol, soustraite à son 
influence, ou bien elle produit sur cet organe un effet de répulsion sensible. 
On a cependant constaté, dans ces dernières années, qu'un petit nombre de 
racines se portent vers la lumière à la manière des tiges. 

L'humidité, la richesse du sol, son ameublissement plus ou moins parfait 
influent notablement sur la direction des racines et sur leur développe- 
ment. " Qui n'a vu, dit Figuier, des racines d'arbres ou d'arbrisseaux, 
gênées, empêchées dans leur marche, développer une force mécanique con- 
sidérable, renverser des murs ou fendre des rochers ; dans d'autres circon- 
stances se réunir en touffes, ou bien étaler leurs ramuscules sur une longueur 
prodigieuse, pour suivre le trajet d'un ruisseau aux eaux bienfaisantes? Qui 
n'a vu avec admiration les racines s'accommoder aux dispositions spéciales 
du sol : dans un sol convenable, diviser à l'infini leur chevelu; ailleurs, aban- 
donner un sol stérile pour aller chercher plus loin une terre propice, et 
varier leurs formes, selon que la terre est plus ou moins dure, selon qu'elle 
est humide ou sèche, forte ou légère, sablonneuse ou pierreuse ? On ne peut 
s'empêcher de reconnaître qu'il y a dans cette élection faite par les racines 
ja manifestation d'un véritable instinct vital." 

95. Mouvements des feuilles— Sommeil des plantes.— Les feuilles d'un 
grand nombre de plantes sont susceptibles d'exécuter des changements de 
position tantôt lents et insensibles, tantôt assez rapides pour que l'œil puisse 
les suivre. Ces derniers sont déterminés le plus souvent par une excitation 
momentanée. C'est ainsi que la Sensitive (fig. 159), et quelques autres 
espèces irritables comme elle, relèvent brusquement leurs folioles sous l'ac- 
tion d'un choc, d'une brûlure, d'une goutte d'un liquide caustique; que la 
Dionée attrape-mouche (fig. 65) rapproche rapidement l'une de l'autre les 
deux moitiés du limbe de sa feuille, lorsqu'un insecte, en se posant à sa 
surface, la chatouille avec ses pattes. Plus rarement la cause de ces mou- 
vements nous échappe, comme, par exemple, pour le Sainfoin oscillant du 
Bengale : les feuilles de cette plante sont composées de trois folioles, l'une 
terminale très-grande et les deux autres latérales beaucoup plus petites : 
ces dernières exécutent continuellement, la nuit comme le jour, des mou- 
vements saccadés analogues à ceux de l'aiguille d'une montre à secondes. 

Quant aux mouvements assez lents pour n'être observés qu'à l'aide d'une 
comparaison attentive et continue, les plus remarquables sont certainement 
ceux qui donnent à la plupart des feuilles, pendant la nuit, une position 
différente de celle qu'on leur voit pendant le jour. Linné les a désignés 
poétiquement sous le nom de sommeil des plantes, qui indiquerait avec le 
sommeil des animaux une analogie non justifiée par les faits. 

La plupart des plantes sommeillantes ont un sommeil diurne ou une sorte 
de sieste, amenée par l'action directe du soleil, pendant les heures les ])lus 
chaudes de la journée. Alors leurs folioles se relèvent pour se rapprocher 
par paires, au point que parfois elles arrivent à se mettre en contact par la 
face supérieure. Ce mouvement est quelquefois inverse de celui qui con 
stitue le sommeil nocturne, mais le plus souvent il reproduit ce dernier, à 
l'intensité près (Sensitive, fig. 159). 

C'est toujours sur des plantes dicotylédones qu'on a signalé les mouve- 
ments qualifiés de sommeil ; les plantes monocotylédones ne paraissent pas 



PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 55 

généralement pouvoir offrir rien de semblable, leurs feuilles étant presque 
toujours simples et attachées à la tige par une large base qui rend difficile 
tout changement de position. 

96. Mouvements des fleurs— Horloge de Flore.— Les enveloppes florales 
offrent des mouvements analogues à ceux des feuilles, et produits, la plupart 
du temps, par des variations de lumière, de chaleur ou d'humidité. C'est 
l'état d'ouverture ou d'épanouissement qui constitue leur réveil-, c'est, au 
contraire, la fermeture ou l'occlusion qui caractérise leur sommeil. Linné a 
eu l'ingénieuse idée de réunir des plantes qui s'ouvrent aux différentes 
heures du jour, pour en composer une horloge de Flore. Cette horloge, il 
faut bien le dire, n'a jamais été d'une grande utilité pratique, car l'heure du 
réveil des fleurs varie suivant les pays et l'état de l'atmosphère. 

Les organes de la fécondation exécutent, chez quelques plantes, des mou- 
vements particuliers au moment où s'opère la déhiscence des anthères. C'est 
à des phénomènes de cette nature que la Vallisnérie spirale doit toute sa 
célébrité. La Vallisnérie est une humble plante herbacée dont les feuilles 
ressemblent à celles des Graminées. Elle abonde dans les eaux tranquilles 
et peu profondes de nos lacs. Ses fleurs sont monoïques : les fleurs stami- 
nées naissent près de la racine en masses compactes portées sur un pédon- 
cule très-court; les fleurs pistillées sont, au contraire, solitaires à l'extrémité 
d'une hampe filiforme, longue et contournée en spirale. Lorsqu'arrive le 
temps de la fésondation, les premières rompent leur attache et viennent 
flotter à la surface des eaux ; les secondes déroulent en même temps leur 
hampe, se portent au milieu des étamines pour recevoir l'influence du 
pollen, après quoi les spires se resserrent de nouveau et entraînent la fleur 
qui va mûrir ses fruits au fond de l'eau. 

Mentionnons, comme dernier exemple de mouvements des organes flo- 
raux, le déplacement de l'Héliotrope et du grand Soleil de nos jardins, dont 
les fleurs se tournent constamment vers l'astre du jour comme pour en 
aspirer les rayons. 

97. Cause des tendances et des mouvements des plantes.— Les étonnants 
phénomènes que nous venons d'exposer n'ont pas encore reçu d'explica- 
tion satisfaisante. u Portés aujourd'hui à ne voir dans les manifestations 
de la vie que de pures et simples applications des lois de la physique et de 
la chimie, dit Duchartre, les physiologistes ont, pour la plupart, cherché à 
les faire dériver d'actions physiques ou mécaniques; mais, il faut bien le 
reconnaître, ils ne sont parvenus ainsi qu'à déplacer la difficulté, à rempla- 
cer les explications par des mots ; au total, à encombrer la science d'hypo- 
thèses souvent contradictoires et qui ne résistent point à l'épreuve d'une 
discussion sérieuse." 



COURS ELEMENTAIRE DE BOTANIQUE. 



TAXONOMIE. 



98. La Taxonomie est la partie de la Botanique qui traite de la classifica- 
tion méthodique des plantes. 

Un livre où se trouveraient décrits sans ordre les végétaux connus, ne 
saurait être d'aucune utilité. Ce ne serait, en effet, la plupart du temps, 
qu'au prix d'un travail excessivement long et pénible que l'étudiant fini- 
rait par découvrir, au sein de cet immense chaos, la description particulière 
qui fait l'objet de ses recherches ; on ne pourrait d'ailleurs s'élever, par la 
lecture d'un tel ouvrage, à aucune vue d'ensemble sur le règne végétal. 

Il a donc fallu, de toute nécessité, songer à disposer les plantes dans un 
ordre rationnel, et à les diviser en un petit nombre de groupes faciles à 
reconnaître ; c'est là ce qu'on appelle faire une classification. 

99. Chaque plante considérée isolément, se nomme un individu. Dans 
un champ de Maïs, par exemple, il y a autant d'individus — plantes qu'il 
s'élève de tiges de la terre. 

En réunissant tous les individus issus d'une même souche, on aura un 
premier groupe appelé espèce. Les membres d'une même espèce se dis- 
tinguent par leur extrême ressemblance et par la faculté qu'ils possèdent 
de se reproduire indéfiniment avec les mêmes caractères essentiels. 

Les espèces sont aussi anciennes que le monde. Nous savons, par l'Ecri- 
ture, qu'au troisième jour de la création, Dieu commanda à la terre de se 
couvrir d'herbes et d'arbres qui eussent en eux-mêmes des semences 
propres ; ces plantes primitives furent autant d'espèces distinctes dont les 
types sont parvenus jusqu'à nous sans altération. 

Mais, si les caractères essentiels de l'espèce se conservent intacts à tra- 
vers les âges, il n'en est pas de même des qualités purement accidentelles, 
que la nature du terrain, le climat et plus encore la culture peuvent faire 
varier dans des limites assez étendues. C'est un fait bien connu qu'avec 
les graines d'une même plante, l'horticulteur peut obtenir des produits qui 
différeront par la taille, par la couleur, par l'odeur ou la saveur : il aura 
créé ce qu'on nomme des variétés. C'est ainsi qu'ont pris naissance les 
différentes sortes de Raisins, de Pommes, de Cerises, etc., qui figurent sur 
nos tables ; c'est ainsi encore qu'on a pu donner tant de nuances si diverses 
à la Tulipe, à la Pensée, à la Reine -Marguerite et à une foule d'autres 
espèces ornementales. 

Il peut arriver qu'une espèce diffère considérablement de toutes les 
autres ; mais, en général, il en existe un nombre plus ou moins grand qui 
présentent le même aspect général, la même disposition des organes, la 
même structure de la fleur et du fruit. C'est à ces groupes naturels qu'on 
a donné le nom de genres. 

Le langage vulgaire, dit Figuier, ou plutôt l'observation générale, avait 
créé, avant les études des savants, de véritables noms de genre. Les mots 
Chêne, Peuplier, Orge, sont des noms collectifs vulgaires, qui ont servi, 
avant la création des sciences naturelles, à désigner un certain groupe de 
plantes ; ce sont de véritables noms de genres qui ont été créés par le 
public, et que les botanistes ont acceptés, parce qu'ils étaient fondés sur 
une observation exacte. 



TAX0N0MIE. 5T 

Ce fut Tournefort, professeur au Jardin des Plantes de Paris, sous Louis 
XIV, qui, le premier, définit et limita nettement le genre dans les végé- 
taux, et lui donna sa formule, déduite des caractères communs aux espèces 
qu'il renferme. Les six cent quatre-vingt-dix-huit genres créés par lui 
sont, pour la plupart, restés dans la science, ce qui montre toute la valeur 
des caractères qui avaient servi à les établir. 

Linné, illustre botaniste de Suède, étendit et perfectionna l'œuvre de 
Tournefort. Il réduisit le nom de toute plante à deux mots : le premier 
substantif, désignant un genre ; le second adjectif, désignant une espèce de 
ce genre : c'est ainsi qu'on dit le Chêne rouge, le Chêne vert, le Chêne 
liège, etc., pour désigner les différentes espèces de plantes appartenant au 
genre Chêne. Avant Linné, on indiquait les espèces par une phrase plus ou 
moins longue qui renfermait leurs caractères , mais de graves inconvénients 
étaient attachés à cette manière de dénommer les plantes : ces phrases 
étaient souvent si longues, que la mémoire la plus exercée ne pouvait les 
retenir ; elles devenaient incomplètes à mesure que le nombre des végé- 
taux s'accroissait, parce qu'il fallait un plus grand nombre de caractères 
pour faire reconnaître chaque plante au milieu d'une plus grande quantité 
d'espèces voisines; enfin, les phrases caractéristiques variaient suivant les 
auteurs, qui, attachant une plus ou moins grande valeur à certains carac- 
tères, les employaient plutôt que ceux dont s'étaient servis leurs prédéces- 
seurs. La nomenclature linnéenne a donc eu les plus heureux résultats 
sur les progrès de la science. 

De même qu'en groupant ensemble les espèces qui ont entre elles une 
analogie marquée, on en a fait des genres ; de même, en réunissant les 
genres qui se ressemblent beaucoup ou qui sont liés du moins par des 
caractères communs, on compose des tribus nouvelles appelées ordres ou 
familles. Les ordres groupés d'après des caractères plus généraux, forment 
les classes, qui se distribuent à leur tour, suivant le même principe, en séries 
ou embranchements. 

Ainsi, pour classer les végétaux, on divise le règne végétal en 
embranchements ; les embranchements en 
classes ; les classes en 

ordres ou familles ; les familles en 
genres ; les genres en 

espèces, qui ne sont elles-mêmes que des réunions 
dHndividus. 

100. Quoique les classifications, en botanique, soient soumises à une 
marche commune et qu'elles s'accordent en général sur l'établissement des 
genres et des espèces, elles peuvent différer beaucoup selon les principes 
suivis dans la formation des groupes supérieurs. 

On nomme artificielles ou systématiques celles où les plantes sont groupées 
d'après un petit nombre de caractères choisis arbitrairement, et sans tenir 
compte de la ressemblance générale qui peut exister entre les genres qu'on 
sépare ou des différences qui se remarquent entre ceux qu'on réunit. La 
classification est dite, au contraire, naturelle ou méthodique, lorsqu'elle 
tient compte des caractères fournis par l'ensemble de l'organisation, de 
manière à n'admettre dans une même division que les genres qui se rap- 
prochent sensiblement par leur structure et leurs propriétés. 

Linné est l'auteur d'une classification artificielle qui a été longtemps sui- 
vie dans les écoles ; la méthode naturelle, seule admise aujourd'hui, est 
surtout l'œuvre d'Antoine-Laurent de Jussieu. 



58 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

SYSTÈME DE LINNÉ. 

Linné a pris pour base de son système les organes essentiels de la fleur 
c'est à-dire les étamines et le pistil. 

Il divise tous les végétaux en deux grandes sections : ceux dont les éta- 
mines et les pistils sont visibles, et ceux dans lesquels ces organes sont 
invisibles ou bien n'existent pas. Ces derniers se nomment cryptogames ; 
ils ne forment qu'une seule classe, la cryptogamie. Les premiers, appelés 
phanérogames, sont distribués en vingt-trois classes, d'après le nombre et les 
rapports de position ou de grandeur des étamines. Les treize premières 
classes comprennent toutes les plantes à fleurs parfaites, dont les étamines 
sont égales et libres d'adhérence soit entre elles, soit avec le pistil. Ce sont : 

La Monandrie, comprenant les plantes dont la fleur ne possède qu'une 
seule étamine. 

La Diandrie, où les étamines sont au nombre de deux. 

La Triandrie, où les étamines sont au nombre de trois. 

La Tétrandrie, où les étamines sont au nombre de quatre. 

La Pentandrie, où les étamines sont au nombre de cinq. 

L' Hexandrie, où les étamines sont au nombre de six. 

L' Heptandrie, où les étamines sont au nombre de sept. 

L' Octandrie, où les étamines sont au nombre de huit. 

L' Ennéandrie, où les étamines sont au nombre de neuf 

La Décandrie, où les étamines sont au nombre de dix. 

La Dodécandrie, où le nombre des étamines varie entre onze et dix-neuf. 

L' Icosandrie, où les étamines sont au nombre de vingt ou davantage, et 
naissent du calice ( Etamines périgynes). 

La Polyandrie, où les étamines sont au nombre de vingt ou davantage, et 
naissent du réceptacle ( Etamines hypogynes ). 

La quatorzième et quinzième classe conrprennent les plantes à fleurs par- 
faites dont les étamines, au nombre de quatre ou six, sont libres d'adhérence 
entre elles et d'inégale longueur. Ce sont: 

La Didynamie, où les étamines sont au nombre de quatre, dont deux 
grandes et deux petites. 

La Tétradynamie, où les étamines sont au nombre de six, dont quatre 
grandes et deux petites. 

Dans les cinq classes suivantes. Linné renferme les plantes à fleurs par- 
faites dont les étamines adhérent, soit entre elles, soit avec le pistil. Ces 
classes sont : 

La Monadelphie, où les étamines sont soudées, par les filets, en un seul 
faisceau. 

La Diadelphie, où les étamines sont soudées, par les filets, en deux faisceaux. 

La Polyadclphie, où les étamines sont soudées, par les filets, en plus de 
deux faisceaux. 

La Syngénésie, où les étamines sont soudées par les anthères. 

La Gynandrie, où les étamines sont soudées en un seul corps avec le pistil. 

Les dernières classes sont : 

La Monœcie, comprenant les plante à fleurs monoïques. 

La Diœcie, comprenant les plantes à fleurs dioïques. 

La Polygamie, comprenant les plantes à fleurs polygames. 

Ce système se trouve résumé dans le tableau suivant: 



TAXONOMIE. 



59 



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i-ICMcO^O^t-oOOiO 




G <Z a ■** .3 

S^ a 'S, 



60 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

Chaque classe ainsi formée se divise en un certain nombre d'ordres. Dans 
les treize premiers, les ordres sont basés sur le nombre des styles ou des 
stygmates, et portent les dénominations suivantes : 

Premier ordre. — Monogynie, un seul style. 
Deuxième ordre — Dyginie, deux styles. 
Troisième ordre. — Trigynie, trois styles. 
Quatrième ordre. — Tétragynie, quatre styles. 
Cinquième ordre. — Pentagynie, cinq styles. 
Sixième ordre. — Hexagynie, six styles. 
Septième ordre. — Heptagynie, sept styles. 

Ainsi on dira Icosandrie monogynie, icosandrie pentagynie, icosandrie 

polygynie, pour distinguer les différents ordres appartenant à la douzième 
classe. 

Dans la didynamie et la tétradynamie, ce n'est plus sur le nombre des 
styles, mais sur la nature du fruit que Linné fonde ses ordres. Enfin, dans 
les classes suivantes il tire les caractères de ces divisions secondaires, soit 
du nombre absolu des étamines, soit de leurs rapports entre elles ou avec 
le pistil. 

Le système de Linné est d'une admirable simplicité ; dans la plupart des 
cas, il conduit au nom d'une plante inconnue presque aussi facilement que 
s'il s'agissait de la recherche d'un mot dans un dictionnaire : c'est là son 
grand avantage et ce qui a fait sa célébrité. Mais il a aussi de graves incon- 
vénients, celui, en particulier, de rompre les affinités naturelles des végé- 
taux, de réunir dans le même groupe des espèces qui n'ont aucune analogie 
essentielle. Le Jonc prend place à côté de Y Epine- Vinette parce que ces 
plantes ont chacune six étamines et un seul style. La Vigne, se range à côté 
de la Pervenche, parce que ces deux plantes ont cinq étamines et un style ; 
la Carotte s'associe au Groseiller, etc. Or, il n'y a, entre les plantes ainsi 
rapprochées, que des traits de ressemblance isolés dans l'organisation et 
qui peuvent également se trouver réunis dans une foule de plantes très- 
différentes. 

Linné, dit Figuier, était doué d'un jugement trop sain, d'un tact trop 
exquis, pour ne pas sentir lui-même les défauts de ce mode artificiel de 
classification. Il devina, par la force de son génie, l'existence de groupes 
végétaux supérieurs aux genres, et liés entre eux par un grand ensemble 
de rapports. Il aj^pela ces groupes ordres naturels ; c'est ce qu'on appela 
après lui familles naturelles. Bien plus, il essaya de distribuer les plantes 
l 'après une classification naturelle, c'est-à-dire en véritables familles. 

Après la mort et pendant la vie de Linné, bien des botanistes se sont 
efforcés de découvrir sur quel principe il avait fondé ses ordres naturels, 
mais personne n'y a réussi. Linné lui-même ne paraît pas avoir eu à cet 
>gard des vues bien arrêtées. Il créa ses ordres par une sorte d'instinct 
supérieur propre à Y homme de génie, par cette demi-divination que finit par 
acquérir tout naturaliste, tout savant qui possède une connaissance vaste 
et approfondie des êtres qu'il passe sa vi^ à observer. 

MÉTHODE NATURELLE. 

Bernard de Jussieu a jeté les premiers fondements de la méthode natu- 
relle, mais c'est à son neveu, Antoine-Laurent de Jussieu, qu'appartient la 
gloire d'en avoir développé les principes et d'en avoir fait l'application à 



TAX0N0MIE. 61 

l'ensemble du règne végétal. Le livre intitulé Gênera plantarum, qu'il publia 
vers 1789 et dans lequel il expose le résultat de ses recherches, peut être 
considéré comme le plus beau monument que l'esprit humain ait élevé à 
la science des végétaux. 

C'est par l'étude d'un petit nombre de groupes considérés par tous les 
botanistes comme formant de véritables familles naturelles, que de Jussieu 
découvrit les principes qui devaient le guider dans le classement des genres 
auxquels la nature n'a pas nettement imprimé ce cachet de famille. Il 
choisit, nous dit son fils, Adrien de Jussieu, sept familles universellement 
admises : celles qu'on connaît sous les noms de Graminées, Liliacées, La- 
biées, Composées, Ombellifëres, Crucifères et Légumineuses. Il reconnut 
que l'embryon est identique dans toutes les plantes d'une de ces familles ; 
qu'il est monocotylédoné dans les Graminées et les Liliacées, dicotylédoné 
dans les cinq autres ; que la structure de la graine est identique aussi : 
l'embryon monocotylédoné placé au centre d'un albumen charnu chez les 
Liliacées, sur le côté d'un albumen farineux chez les Graminées ; l'embryon 
dicotylédoné au sommet d'un albumen dur et corné chez les Ombellifères, 
dépourvu d'albumen chez les trois autres ; que les étamines qui peuvent 
varier parleur nombre dans une même famille, les Graminées par exemple, 
ne varient pas en général par leur mode d'insertion, hypogyne dans les 
Graminées, dans les Crucifères ; sur la corolle dans les Labiées et les Com- 
posées 5 sur un disque épigyne dans les Ombellifères. Il obtenait ainsi la 
valeur de certains caractères qui ne devaient pas varier dans une même 
famille naturelle. Mais au-dessous de ceux-là s'en trouvaient d'autres plus 
variables qu'il chercha à apprécier de même, soit par l'étude d'autres 
familles indiquées par la nature même, soit dans celles qu'il formait en 
appliquant ces premières règles et plusieurs autres fondées sur l'observa- 
tion. Nous ne pourrions le suivre ici dans les détails de ce long travail 
duquel résulte l'établissement de cent familles comprenant tous les végé- 
taux alors connus; mais on voit partout l'application d'un même principe : 
la subordination des caractères, qui dans la méthode de de Jussieu sont pesés et 
non comptés, suivant l'expression de l'auteur lui-même. 

Lorsque les familles furent constituées, de Jussieu les groupa en quinze 
classes qu'il réunit, à leur tour, dans trois grands embranchements : les 
acotylédones, les monocotylédones et les dicotylédones. 

Les acotylédones (fig. 160-170) ne forment qu'une seule classe. 

Les monocotylédones (fig. 171-175) renferment trois classes différenciées 
par le mode d'insertion des étamines qui est hypogyne dans la première, 
pêrigyne dans la seconde et épigyne dans la troisième. 

Les dicotylédones (fig. 176-178) sont divisées en monoclines, comprenant 
les plantes à fleurs parfaites et à fleurs monoïques, et en dichnes ou à 
fleurs dioïques. Les monoclines sont polypétales, monopétales ou apétales, 
et chacun de ces groupes comprend différentes classes qui se distinguent 
par le mode d'insertion des étamines, comme chez les monocotylédones, ou 
par le rapport des étamines entre elles. 

Le tableau suivant résume la distribution des végétaux en quinze classes. 

On trouvera la description des familles dans la flore du Canada qui fait 
suite à ce traité élémentaire. 



62 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE. 

CLASSES. 
'Acotylédones, ou dont la fleur et les graines sont peu con- 
nue s 1 

ihypogynes 2 

perigynes 3 

épigynes 4 

/apétales; (épigynes 5 

/ à étamines < perigynes 




C épig 
< péri 
( hyp( 



\ f hypogyne 

] monopétales à 1 pér 



pogynes 7 



rigyr.e 9 

corolle "j épigyne, $ réunies 10 

( :\ anthères \ distinc. Il 

! épigynes 12 

hyp >gynes 13 

perigynes 14 

diclines 15 



Depuis la publication du Gênera planiarum, des modifications importantes 
ont été introduites dans la classification naturelle. Les travaux de Eichard 
sur le fruit, ceux de de Candolle sur les soudures et les avortements des 
organes floraux, de Dunal sur leur multiplication; les observations si pré- 
cises de R. Brovvn sur la préfloraison et l'organisation de l'ovaire ; la com- 
paraison, avec les végétaux anciennement connus, d'une multitude d'es- 
pèces nouvelles rapportées du fond des solitudes par de hardis explora- 
teurs, ont mis en lumière des affinités qu'on n'avait point encore soupçon- 
nées, ont fourni d'autres éléments pour perfectionner la délimitation des 
familles dont le nombre est maintenant porté à trois cents; mais il est 
remarquable que tous les changements que l'on a faits à l'œuvre de Lau- 
rent de J ussieu ne portent que sur des points secondaires et laissent par- 
faitement intacts les grands principes qui lui avaient servi de base. 



TABLE DES MATIÈRES 



DU 



TRAITE ELEMENTAIRE. 



Pages. 

A mes élèves 5 

OKGANOGKAPHIE VÉGÉTALE 7 

Organes élémentaires 8 

Cellules 8 

Fibres 9 

Vaisseaux 9 

Plantes cellulaires et vasculaires 10 

Organes composés 10 

Plantes dicotylédones, monocotylédones et acotylédones 11 

Plantes phanérogames et cryptogames 11 

Organes de nutrition : 

Racine 12 

Tige 13 

Feuilles 19 

Organes de reproduction: 

lo Fleur 26 

Calice 26 

Corolle 27 

Etamines 28 

Pistil 29 

Verticilles floraux considérés dans leurs rapports 31 

Inflorescence 33 

2o Fruit 34 

Nature et formes du péricarpe 35 

Graine 36 

Classification des fruits 38 

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE 40 

Nutrition 40 

Aliments des végétaux 40 

Absorption 41 

Circulation de la sève 42 



table des matieres du traite elementaire. 

Pages. 

Transpiration et respiration 44 

Assimilation. — Sécrétions 45 

Principes végétaux 45 

Excrétions 47 

Nutrition comparée des animaux et des plantes 47 

Reproduction 48 

Reproduction par bourgeons 49 

Marcotte, Bouture, Greffe 49 

Reproduction par graines 50 

Fécondation 51 

Dissémination des graines 51 

Germination 52 

Reproduction par les spores chez les Cryptogames 53 

Tendances et mouvements dans les plantes 53 

TAXONOMIE 56 

Système de Linné 58 

Méthode naturelle 60 



TABLE DES GRAVURES. 



Planches. 

Organes élémentaires I. 

Organes composés II . 

Racine III. 

Tige IV. 

Feuilles VII. 

Fleur XII. 

Fruit XX. 

Plantes acotylédones XXII. 

Plantes monocotylédones XXVII. 

Plantes dicotylédones XXX. 



PLANCHE I. 
ORGANES ÉLÉMENTAIRES. 




i. Cellules arrondies. 

2. Cellules polyédriques renfer- 
mant deux lacunes. 

3. Cellules irrégulières laissant 
entr'elles des méats. 

4. Cellule ponctuée. 

5. Cellule rayée. 

6. Cellule spiral 

T. Coupe transversale de cellu- 
les à enveloppes multiples 

14. Vaisseaux 



offrant des solutions de con- 
tinuité. 

8. Coupe longitudinale des cel- 
lules précédentes. 

9. Tissu fibreux. 

10. Vaisseau ponctué. 

11. Vaisseau rayé. 

1 2 . Vaisseaux scalariformes d'uns 
Fougère. 

13. Trachée, 
latioifères. 



le£po 8r CHirti.MontTval. 



PLANCHE II. 
ORGANES COMPOSÉS. 




il 



15 et 16. Graine de Haricot à 17. Jeune Haricot : a, cotylédons 

différentes périodes de ger- 6, feuilles, 

mination. 



leSêofrCVLitOIontTPaL 



PLANCHE in 
RACINE. 




h 



. C 



IF. 



18 et 19. Racines pivotantes : 
a, collet ; b, corps de la raci- 



20. Racine composée du Dahlia. 



le^oftCflift.Montreal 



PLANCHE IV. 



TIGE. 




. ' ! 



21. Fraisier. 

22. Rhizome du Sceau de Saio- 
mon : b, rameau ; b', bourgeon 
qui se développera plus tard ; 
c, cicatrices laissées par d'an- 
ciens rameaux qui se sont 
flétris ; a, racines. 



23. Bulbe solide. 

24. Coupe longitudinale de la 
bulbe tuniquée de la Jacin- 
the : a, plateau ; 6, écailles ; c, 
feuilles ; d, tige aérienne ; e, 
racines. 

25. Bulbe écailleuse ou imbri- 

quée. 



I*#o &r?Lith.MofltreaL 



PLANCHE V. 




26. Tige ligneuse de dicotylé- 
done. 

27. Section transversale et longi- 
tudinale d'un rameau d'Era- 
ble vu au microscope : e, 
épiderme ; s, enveloppe subé- 
reuse ; a, ck } couche herbacée ; 



ii, liber formant deux zones 
séparées par une couche de 
cellules c ; /, aubier ; /', bois ; 
r, rayons médullaires ; o, vais- 
seaux ponctués ; m, moelle. 
28. Tige ligneuse de monocotylé- 
done. 



leéêa 8- C '! Ii tb Monfcreal . 



PLANCHE VI. 



TIGE. 




29. Section transversale de la tige 31. Bourgeons écailleux du Lilas. 
d'une Fougère arborescente. 32. Coupe longitudinale de la 

30. Lambeau d' épidémie muni de figure précédente, montrant 
stomates. la disposition des feuilles. 

33. Bulbiles du Lys. 

loéào & CHifh MiralTeal. 



PLANCHE VIL 
FEUILLES. 




34. Passage d'un faisceau fibro- 
vasculaire de la tige dans un 
pétiole : a, articulation ; t 
trachées ; l, fibres corticales. 

35. Tranche verticale d'une feuil- 

le vue sous un fort grossis- 
sement : es, épiderme de. la 
face supérieure ; ei, épiderme 
de la face inférieure ; ps, pa- 
renchyme de la région supé- 
rieure ; pi, parenchyme de la 
région inférieure ; m, méats ; 



II, lacunes. 

36. Feuille de la Patience : g, 
gaîne ; p, pétiole ; l, limbe 

37. Feuille stipulée : sa, stipules. 

38. Feuille du Rosier : s, stipules 
adhérentes au pétiole. 

39. Feuille de Graminée : a, ligule 

capillaire. 

40. Feuille penninerve dentée en 

scie. 

41. Feuille palmati-fide. 

42. Feuille rectinerve. 



le^go & C9 Lith Montréal 



PLANCHE VEX 
FEUILLES. 




Leéêo & C?Iith.iî'onîie3Î. 



PLANCHE IX. 




I#flLofr(:?LiÉk.Mi>iii«'aL 



PLANCHE X. 
FEUILLES. 




59. Feuille pennée, munie de 
stipules s. 

60. Feuille impari-pennée. 

61. Feuille pari-pennée. 

62. Feuille décomposée, bi-pen- 
née. 



63. Feuille surdécomposée, tri- 
ternée. 

64. Feuilles anomales : a, feuil- 
les de Sarracenia ; 6, feuilles 
de Nepenthes distillatoria. 



Ie$iofrC!Lith Montréal. 



PLANCHE XI. 
FEUILLES. 




65 Feuilles radicales de la Dio- 
née attrape-mouche, 

66. Feuilles alternes. 

67. Figure théorique montrant 
la disposition spirale des 
feuilles alternes. 

68. Feuilles opposées. 



69. Feuilles verticillées. 

70. Transformation du pétiole 
commun d'une feuille pennée 
en vrille. 

71. Tige d'Asperge : /, feuille 
réduite à l'état d'écaillé. 



leéèofrf91n7i.MonfreaL 



PLANCHE XII. 



FLEUR. 

ENVELOPPES FLORALES. 

â C 




72. Coupe d'une fleur pour mon- 
trer la position respective 
des verti cilles : t, torus ou 
réceptacle ; c, calice ; p, co- 
rolle ; e, étamines ; os, pistil. 

73. Calice poly sépale placé au- 
dessous d'un ovaire composé 
à cinq styles. 

74. Calice monosépale : a, tube ; 



b, gorge ; c, limbe. 

75. Calice irrégulier muni d'un 
éperon nectarifère. 

76. Un pétale séparé : a, onglet ; 
b, limbe. 

77. Corolle cruciforme. 

78. Corolle caryophyilée. 

79. Corolle rosacée. 

80. Corolle papillionnacée. 



Xea'êo & C?Lifh Montrai. 



PLANCHE XIII. 



FLEUR. 

ENVELOPPES FLORALES. 




81. Corolle papillionnacée dont 
les pétales sont séparés. 

82. Corolle campanulée du Lise- 
ron. 

83. Corolle infundibuliforme du 
Tabac : c, calice ; t, tube ; g, 
gorge ; l } limbe. 

84. Corolle rotacée du Solanum 
tuberosum. 

85. Corolle hypocratériforme 



du Lilas. 
86 Corolle tubuleuse de la 
grande Consoude. 

87. Corolle urcéolée. 

88. Corolle labiée. 

89. Corolle ligulée : a ligule ; 5, 
étamines soudées en tube par 
les anthères autour du style. 

90. Corolle personnée du Mu- 
flier. 



le^o A- C?Iith Montréal. 



PLANCHE XIV. 
FLEUR. 

ORGANES DE LA FÉCONDATION. 




91. Etamine : /, filet ; 7, logea 
de l'anthère ; c, connectif 
plumeux. 

92. Etamine à deux loges, l'une 
stérile Is, l'autre fertile If, 
réunies par un long connec- 
tif c. 

93. Etamine dont les loges s'ou- 
vrent par des valves. 

94. Etamine basifixe dont les 
loges s'ouvrent par des pores. 



95. Etamine oscillante dont les 
loges s'ouvrent suivant une 
ligne longitudinale. 

96. Un grain de pollen émettant 
la fo villa, vu sous un fort 
grossissement. 

97. Pollinie d'un Orchis. 

98. Etamines didynames. 

99. Etamines tétradynames. 
100. Etamines monadelphes de 

la Mauve. 



Ie&>o & C9Iiih.MontreaL 



PLANCHE XV. 



FLEUR. 

ORGANES DE LA FÉCONDATION. 




101. Etamines diadelphes. 

102. Figures théoriques pour 
montrer la formation des 
carpelles : (1), feuille carpel- 
laire sessile ; (2), la même 
après formation de l'ovaire ; 
(3), la même après matura- 
tion du fruit. 

103. Forme la plus ordinaire du 
pistil : p, pédoncule ; r, ré- 
ceptacle ; o, ovaire ; styl } 
style ; stig, stigmate. 



104. Style latéral et basilaire. 

105. Pistil formé de trois ovaires 
simples. 

106. Ovules : (1), ov. orthotrope ; 
(2), ov. anatrope ; (3), ov. 
campylotrope. 

Ovaire à placentation parié- 
tale. 

Ovaire à placentation axil- 
laire. 

Ovaire à placentation cen- 
trale. 



10 



108. 



109. 



leÇjio frC9Lith.Moniieal. 



PLANCHE XVI. 
FLEUR. 

RAPPORTS DES VERTICILLBS 




110. 



i 10. Etaniines épigynes. 

111. Etamines périgynes, ovaire 
infère. 

112. Etamines hypogynes, ovaire 
supère. 

113. Ovaire portant entre les eta- 
mines un disque glanduleux. 



114. Portion de disque membra- 
neux adhérent à la base des 
pétales. 

115, 116 et 117. Diagrames de 
fleurs à prêrloraison imbri- 
quée, valvaire et tordue. 



legêo & C?LitIi.Montreal . 



PLANCHE XVII. 



INFLORESCENCE. 




118. Epi. 

119, 120, 121 et 122. Chaton mâle 
et chaton femelle du Saule 
blanc, chacun »vec une fleur 



amplifiée, 
123. Fleurs de VAbies canadensis 
(Pruche) : a, cône ; b, une 
écaille avec les ovules nus. 



Lefto«-C?Lith Montréal. 



PLANCHE XVHI. 



INFLORESCENCE. 



C . 




124. Spadice de l'Arum vulgare : 
/, fleurs femelles ; m, fleurs 
mâles; a, prolongement du 
spadice ; b, spathe coupée en 
long pour î ier voir les 
fleurs. 

125. Grappe simple : p, pédon- 
cule ; p', pédicelle ; 6, 6, 



bractées. 

126. Panicule de Graminée, avec 
deux épillets amplifiés. 

127. Fleurs en corymbe. 

128. Ombelle composée : a, axe 
primaire , b, axes secondai- 
res ; c; ombellule ; d, invo- 
îucre ; e, involucelles. 



Leéfo&C?Lith Montréal. 



PLANCHE XIX. 



INFLORESCENCE. 




129. Capitule de la Marguerite : 130. Cyme dicothome. 

b, coupe verticale montrant 131. Cyme scorpioïde. 

la disposition des fleurs; c, 132. Figure théorique de la cyme 
une rieur tubuleuse du cen- scorpioïde. 

tre ; d, une fleur ligulée de 133. Cymes contractées en glo- 
la circonférence. mérules. 



Leii» W.lfà Montréal. 



PLANCHE XX. 



FRUIT. 




134. Graine anatrope du Tilleul 
d'Amérique, coupée vertica- 
lement : a, hile ; è, testa ; e, 
membrane interne ; d, albu- 
men ; e, embryon à deux 
cotylédons. 

135. Parties de l'embryon: (1), 
radicule ; (2, 2 ), cotylédons j 
(3), gemmule ; (4), tigelle. 

136. Embryon extraire. 

137. Follieule de l'Aconit. 



Lesfo&CîUth Montréal. 



pla;nche xxi. 



FRUIT. 




146. Samare. 

147. Gland du chêne. 

148. Silique. 

149. Silicule. 

150. Légume lomentacé ou divisé 
en articles. 

151. Elathérie. 



152. Cône du mélèse : a, écaille 
séparée portant deux samares. 

153. Sorose du Mûrier. 

154. Fruit multiple du Framboi- 
sier. 

155. Sycone du Dorsténia. 



Leéfo&C?Lith Montra. 



PLANCHE XXH. 



PHYSIOLOGIE. 




156. Appareil pour l'endosmose. 159. Rameau de Sensitive dont 

157. Greffe en fente. on a touché deux feuilles. 



Le°fo&-C?Lith Montréal. 



PLANCHE XXIII 



PHYSIOLOGIE 




158. Coupe grossie d'un ovaire 
pour montrer la fécondation 
des ovules par le pollen qui 
s'échappe des étamines. 



Lcç*>&C?Li& Montréal. 



PLANCHE, XXIV 
TAXONOMIE. 

PLANTES ACOTYLÉDONBS. 




160. Nostoc verruqueux. 

161. Fucus vésiculeux. 



162. Grain de froment carié. 

163. Moisissures. 



Le&o&C?Litti Montréal. 



PLANCHE XXV. 



TAXONOMIE. 

PLANTES ACOTYLÉDONES. 




164. Lichen d'Islande. 



167) 



165. Agaric comestible'. 



Leffo&-C?Lith Montréal. 



PLANCHE XXVI. 



TAXONOMIE. 

PLANTES ACOTYLÉDONES. 




Le$o&f?Lith Montréal. 



PLANCHE XXVU. 
TAXONOMIE. 

PLANTES A.COTYLEDONES. 




169. Trichomanes. pour montrer les sores ou 

170. Fronde de Fougère grossie groupes de sporanges. 



Lego&C? Lift Montréal. 



PLANCHE XXVIII. 




171. Scirpe triquètre, avec une 
fleur séparée et grossie. 

172. Carex careyana. 

173. Orchis brillant- : <z, une fleur 
séparée ; b, coupe du gvnos- 
tème montrant les deux 



masses polliniques ; c, polli- 
nie séparée et grossie. 
1 74. Aréthuse bulbeuse : a, coupe 
du gynostème ; 6, anthère 
amplifiée. 



Leffo 4- C?Litk Montréal 



PLAXCIUt: XXIX. 



PLANTES MONOCOTYLEDONES. 




175 



175. Erythrone du Canada: a , 
bulbe; b, fleur ouverte; c, 
pistil ; d, coupe de l'ovaire. 



Le&o&C?Litli Montréal. 



PLANCHE XXX. 




Leg«o&C?Lith Montréal. 



PLANCHE XXXI. 



PLANTES DICOTYLÉDONES: 




178. Gesse des marais. 



J i m.J I H Il .Wj ll .H i3K 



Lefto&-C?Lith Montréal.